Dakar, 06 mars (SL-INFO) – L’impasse politique a atteint son point de rupture à Pristina. Confrontée à l’incapacité des parlementaires à s’entendre sur le choix du futur chef de l’État dans les délais impartis, la plus haute autorité kosovare a dû activer ses prérogatives constitutionnelles, bouleversant ainsi le calendrier électoral du pays.

Selon les informations de l’agence Anadolu, la présidente du Kosovo, Vjosa Osmani, a officiellement prononcé la dissolution du parlement ce vendredi. Cette décision fait suite à l’échec des députés, réunis la veille au soir, à élire un nouveau président de la République. Lors d’une conférence de presse, la cheffe de l’État a indiqué qu’elle remplissait une obligation constitutionnelle clairement définie, regrettant que les parlementaires aient choisi de conduire le pays vers de nouvelles élections plutôt que de prioriser la stabilité de l’État.

Le blocage institutionnel découle d’une contrainte calendaire stricte. L’article 86 de la Constitution kosovare exige que le successeur à la présidence soit désigné au moins 30 jours avant l’expiration du mandat en cours. Le quinquennat de Vjosa Osmani s’achevant le 4 avril, la date butoir était fixée au 5 mars. Toutefois, le Mouvement d’Autodétermination (Vetevendosje) du Premier ministre Albin Kurti n’est pas parvenu à rallier l’opposition autour de son candidat, Glauk Konjufca, actuel vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères.

La séance parlementaire de jeudi soir a matérialisé cette paralysie. La présidente de l’Assemblée, Albulena Haxhiu, a été contrainte de suspendre les travaux après avoir constaté la présence de seulement 66 députés, loin du quorum de 80 élus exigé pour procéder au vote. Face à ce mur, le parlement a saisi la Cour constitutionnelle pour évaluer la conformité du processus et solliciter une mesure temporaire suspendant le délai légal jusqu’à ce qu’une décision soit rendue.

Durant cette même session, une initiative visant à réviser la Constitution pour permettre l’élection du président au suffrage universel direct a été débattue, mais n’a pas récolté les voix nécessaires. Notre rédaction retient que Vjosa Osmani doit désormais entamer des consultations avec les dirigeants des différentes formations politiques afin de fixer la date exacte des prochaines élections générales anticipées.

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