Dakar, 10 fév (SL-INFO) – Ajok Ding Duot et sa famille, réfugiés dans l’État des Lacs, survivent désormais grâce à la cueillette de noix et de fruits sauvages. Cette situation de dénuement extrême illustre la crise majeure qui frappe le Soudan du Sud, où la recrudescence des combats ne constitue plus la seule menace pour les civils. Alors que les besoins explosent, les organisations humanitaires se heurtent à un obstacle sécuritaire qui compromet directement la survie de millions de personnes.

La situation sur le terrain a atteint un point de rupture critique. Depuis fin décembre, les affrontements entre les forces gouvernementales et les combattants fidèles à l’Armée populaire de libération du Soudan en opposition (SPLA-IO) ont jeté sur les routes environ 280 000 personnes, dont une immense majorité dans l’État de Jonglei. Selon les données fournies par l’UNICEF, cette instabilité expose désormais plus de 450 000 enfants à un risque immédiat de malnutrition aiguë. Cependant, la capacité de réponse internationale face à cette urgence est aujourd’hui paralysée par une stratégie délibérée des belligérants. Selon Al Jazeera, les opérations de secours sont quasi-systématiquement entravées par des pillages et des agressions directes. Les observateurs sur place notent que chaque camp bloque l’accès aux zones soupçonnées de soutenir l’adversaire, transformant l’aide humanitaire en levier de guerre.

Une suspension forcée des opérations vitales

Face à cette insécurité grandissante, les acteurs majeurs de l’aide internationale ont dû prendre des mesures drastiques. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a annoncé la suspension de ses activités dans le comté de Baliet, situé dans l’État du Haut-Nil. Cette décision fait suite à des attaques répétées contre des convois transportant de l’aide vitale. L’agence onusienne a indiqué que ce gel des opérations resterait en vigueur tant que la sécurité de son personnel ne serait pas garantie et que les stocks pillés ne seraient pas restitués. Le secteur médical, dernier rempart pour les populations déplacées, est également visé. L’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a rapporté qu’un de ses hôpitaux dans le Jonglei avait été touché par une frappe aérienne gouvernementale. Il s’agit de la dixième attaque recensée contre une structure gérée par MSF en l’espace de douze ans. Parallèlement, leur centre de santé à Pieri a été pillé par des assaillants non identifiés, contraignant le personnel à fuir et laissant environ 250 000 personnes sans aucun accès aux soins.

Ces violences ciblées ont forcé la fermeture de deux hôpitaux dans le Grand Haut-Nil et l’arrêt des soins généraux dans plusieurs États clés. Dans un communiqué, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné fermement cette escalade, appelant toutes les parties à cesser immédiatement les opérations militaires et à respecter le droit international pour permettre un accès humanitaire sécurisé.

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