Dakar , 03 fév (SL-INFO) – Une procédure judiciaire est actuellement en cours suite à une série de malversations financières détectées au sein de la représentation diplomatique indienne à Dakar. Alors que la disparition de plusieurs chèques avait initialement alerté les services de l’ambassade, les investigations ont rapidement permis de mettre au jour un mécanisme de fraude interne impliquant un collaborateur direct et l’usage détourné de compétences techniques avancées.
L’affaire débute le 23 janvier, lorsque les services de l’ambassade constatent la disparition inexpliquée de cinq chèques. Le préjudice financier est immédiatement évalué à 3 362 700 FCFA. Une plainte est déposée, déclenchant les premières réquisitions bancaires. Celles-ci permettent de tracer l’encaissement de quatre des chèques volés par des individus identifiés comme M. F. Mbalo et E. H. D. Thiam. Cependant, c’est un second incident, survenu quelques jours plus tard, le 26 janvier, qui va permettre aux enquêteurs de confondre l’auteur principal. Un carnet entier de 50 chèques est dérobé directement dans le bureau du chancelier. L’exploitation des images de vidéosurveillance de l’ambassade permet alors d’identifier formellement Mamadou Fall, qui exerce les fonctions d’interprète au sein de la mission diplomatique.
Conduit au commissariat et confronté aux éléments matériels, le mis en cause a reconnu les faits. Selon les informations relayées par IGFM et le quotidien Libération, Mamadou Fall ne s’est pas contenté de subtiliser les chèques. Il a mis à profit ses compétences en infographie et en informatique pour falsifier les cachets officiels de l’ambassade et imiter les signatures nécessaires à la validation des titres de paiement directement depuis son ordinateur.
Pour ne pas apparaître personnellement lors des transactions bancaires, l’interprète a structuré un réseau de complicité. Il sollicitait un ami chargé de recruter des porteurs de Cartes nationales d’identité pour effectuer les retraits aux guichets. Chaque opération donnait lieu au versement d’une commission de 100 000 FCFA aux intermédiaires.
Dans une tentative d’effacer les traces de son activité délictuelle avant son interpellation, le prévenu aurait supprimé l’ensemble des fichiers informatiques ayant servi aux falsifications et affirmé avoir brûlé le chéquier de 50 formules dérobé dans le bureau du chancelier. Si l’auteur principal est aux arrêts, les investigations se poursuivent pour localiser précisément les complices ayant participé aux retraits frauduleux.
