Dakar, 04 fév (SL-INFO) – Le bras de fer entre Elon Musk et les autorités européennes vient de franchir un nouveau palier d’intensité. Alors que l’Union européenne multiplie les initiatives pour encadrer les géants du numérique, le propriétaire de la plateforme X (anciennement Twitter) a choisi la confrontation directe. Dans une série de publications, le milliardaire américain a vivement réagi aux mesures judiciaires et législatives prises respectivement par la France et l’Espagne, n’hésitant pas à viser personnellement les dirigeants et institutions de ces deux pays.

**Une riposte axée sur les priorités judiciaires françaises**

La tension avec Paris s’est cristallisée autour d’une enquête ouverte en janvier 2025 par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris. Cette procédure, menée avec le concours de l’Unité nationale cyber de la gendarmerie et d’Europol, vise notamment le fonctionnement de Grok, l’intelligence artificielle de X. Les autorités soupçonnent la diffusion de contenus négationnistes et de « deepfakes » à caractère sexuel.

Face à ces investigations et à la perquisition des locaux français de l’entreprise, Elon Musk a tenté de délégitimer l’action publique en pointant du doigt d’autres affaires. « C’est sur cela que les autorités en France devraient se concentrer », a-t-il déclaré, faisant référence à un dossier criminel distinct impliquant des violences sur mineur à Lille. Une stratégie de défense consistant à opposer la régulation numérique à la sécurité physique des citoyens.

La réaction diplomatique ne s’est pas fait attendre. L’ambassade de France aux États-Unis a répliqué en citant l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « La loi est l’expression de la volonté générale. […] Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ». Le message diplomatique s’est conclu par un rappel ferme : « Personne n’est au-dessus de la loi ». De son côté, le réseau social a qualifié la perquisition d’« acte judiciaire abusif » fondé sur des motivations politiques. Une audition d’Elon Musk et de la directrice générale Linda Yaccarino est d’ores et déjà programmée pour le 20 avril 2026.

**L’escalade verbale contre le gouvernement espagnol**

Si les échanges avec la France sont restés sur le terrain juridique et des principes, l’attaque contre l’exécutif espagnol a pris une tournure beaucoup plus personnelle. En réaction à l’annonce par Madrid d’un projet de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans, le milliardaire a directement invectivé le chef du gouvernement.

Selon les éléments rapportés par l’agence Anadolu, Elon Musk a qualifié le Premier ministre Pedro Sánchez de « véritable fasciste totalitaire ». Cette sortie virulente répond à la volonté affichée par Madrid de mettre fin à ce que Pedro Sánchez appelle le « Far West numérique ». Le dirigeant socialiste entend imposer des systèmes de vérification d’âge et criminaliser la manipulation algorithmique, arguant que la désinformation et les contenus haineux prolifèrent sans contrôle.

Cette mesure espagnole s’inscrit dans une tendance de fond. L’Australie a déjà légiféré en ce sens en décembre dernier, et d’autres capitales européennes, dont Londres, étudient des dispositifs similaires pour protéger les mineurs. En s’attaquant frontalement aux dirigeants qui portent ces réformes, le patron de Tesla confirme sa volonté de politiser le débat sur la régulation des plateformes.

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