Thiés, 02 avril (SL-INFO) – « 47 ans après, lorsque le président de la République Bassirou Diomaye Faye a porté son choix sur Thiès après la désillusion née du report de l’organisation de la fête de l’Indépendance ‘’Thiès 4/4/44’’, signe annonciateur de la guéguerre Abdoulaye Wade-Idrissa Seck, tous les Thiessois et Thiessoises étaient très heureux et honorés. » La remarque est d’Abdoulaye Fofana Seck, journaliste et citoyen de la ville de Thiès. C’est pourquoi il demande avec respect, humilité et engagement de réserver un accueil chaleureux au président de la République Bassirou Diomaye Faye, au Premier ministre Ousmane Sonko, à son gouvernement et à toutes les autorités qui feront le déplacement.
« Ils méritent tous les honneurs et égards, à l’occasion de la commémoration du 66e anniversaire de notre Indépendance que Thiès a l’honneur d’abriter », souligne M. Fofana qui, à ce stade de son propos, voudrait qu’il lui soit permis de féliciter le gouverneur de Thiès, Saër Ndao, qui abat un « travail remarquable ». En prélude à cet événement, le journaliste interpelle le maire de la ville de Thiès, ainsi que les maires de proximité — ceux de Thiès Nord, Est et Ouest — pour une « union des cœurs pour le bonheur des populations, au service d’un développement harmonieux de la cité du Rail ».
« Dans le souci d’aborder tous les sujets sans esprit polémique, avec beaucoup d’humilité et un profond et égal respect pour l’ensemble des protagonistes de l’histoire de Thiès, ma démarche d’analyse consiste à éviter d’adopter la posture d’un donneur de leçons », précise Abdoulaye Fofana Seck, qui porte sa « vision d’un Sénégal meilleur où la ville de Thiès brille de mille feux, afin que l’espérance l’emporte sur le reste ».
Thiès, un carrefour historique de talents et d’industries
Selon lui, Thiès — cité historique, cité du savoir et du savoir-faire, ville carrefour, ville d’opportunités, ville de rencontres « du donner et du recevoir », ville rebelle et frondeuse, ville aux deux gares, berceau des arts plastiques avec la Manufacture des arts décoratifs, pôle de développement économique et industriel (AIBD, Ciments du Sahel, Dangote, ICS, Transrail, NSTS, Senbus, etc.) — ne pouvait échapper à son destin de ville génitrice de talents exceptionnels.
Il poursuit : « Nœud ferroviaire et routier qui en fait un passage obligé pour entrer dans le Sénégal, Thiès, ma ville natale, est une cité de vie et d’action où l’honneur n’abdique pas. Dans tous les domaines d’activités, cette terre historique, porte d’entrée du Cayor, s’est imposée grâce à la diversité de sa population et à la vitalité de ses acteurs dont les noms sont désormais inscrits dans le granit de l’histoire contemporaine. Évoquer Thiès, c’est conséquemment se remémorer une histoire et poser un regard sur une collectivité locale qui a tout pour être une cité religieuse. Créée par l’autorité coloniale en 1904, la commune de Thiès est un terroir municipal pionnier. »
De Senghor à nos jours : un héritage prestigieux
Pour rappel, fait-il remarquer, le premier président de la République du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, fut le premier à avoir présidé le Conseil municipal en 1956. Ousmane Ngom fut son premier adjoint. Des hommes de valeur comme Gabriel Carvalho, Djibril Diaw, René Berbère, Maury Tall, Elimane Ciré Sall, Amadou Kane, Moussa Demba Barro, Malick Sidibé, El Hadji Meissa Seck, Amadou Touré, Amadou Wagué, Momar Mar, Abdoulaye Bâ, Magatte Lô, Ibrahima Sarr, Jean Berguin, El Hadji Abou Sarr, Moussa Cissokho et Amadou Ndiaye étaient à ses côtés.
Léopold Sédar Senghor restera maire de Thiès jusqu’à son élection comme chef de l’État en 1960. Parmi ses réalisations les plus prestigieuses figure la construction de cet hôtel de ville qui est l’un des plus beaux du Sénégal. Mais c’est surtout la Manufacture de tapisseries de Thiès qui fascinait l’homme de culture, qui y conduisait régulièrement ses hôtes de marque.
Et d’ajouter : dans ce sillage, le chef de l’État installa à Thiès de nombreuses infrastructures culturelles et éducatives : musées, bibliothèques, lycée, école normale, école polytechnique. Cependant, l’un des derniers actes officiels qu’il accomplit à Thiès fut l’organisation des festivités marquant le 19e anniversaire de l’accession du Sénégal à l’Indépendance. Le symbole est très profond. Tout s’est passé comme si Senghor, après avoir débuté son aventure politique le 15 avril 1949 à Thiès, avait tenu à la clore définitivement le 4 avril 1979 à Thiès, le jour même de l’anniversaire de l’Indépendance qu’il avait conquise de haute lutte pour le Sénégal.
