Dakar , 08 avril (SL-INFO) – Le récent cessez-le-feu conclu entre Washington et Téhéran montre déjà des signes de fragilité. Alors que l’accord visait à apaiser les tensions au Moyen-Orient, une divergence majeure sur le périmètre géographique de la trêve vient d’éclater au grand jour, menaçant de relancer l’escalade militaire.

Lors d’une intervention sur la chaîne publique américaine PBS, le président américain Donald Trump a affirmé que le Liban n’était pas concerné par le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran. Qualifiant la guerre menée par Israël contre le Hezbollah d’« escarmouche distincte », il a justifié la poursuite des opérations militaires israéliennes sur le territoire libanais.

Cette déclaration contredit directement les annonces du Pakistan, pays médiateur de l’accord. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, avait assuré sur le réseau social X que la trêve couvrait l’ensemble de la région, en mentionnant spécifiquement le Liban. Une version corroborée par la chaîne israélienne Channel 12, qui rapportait l’insistance de l’Iran pour inclure le territoire libanais dans les négociations.

Sur le terrain, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a immédiatement confirmé la poursuite des hostilités. Quelques heures plus tard, l’armée israélienne a mené une offensive d’une intensité inédite à travers le Liban, frappant des zones résidentielles, des mosquées et des centres médicaux à Beyrouth, Sidon, Tyr et dans la vallée de la Bekaa. Face à ces frappes meurtrières, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a exhorté la communauté internationale à intervenir.

L’exclusion du Liban de l’accord a suscité une vive réaction de Téhéran. Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, une source bien informée a averti que l’Iran se retirerait unilatéralement du cessez-le-feu si Israël maintenait ses attaques. En parallèle, l’agence Fars a rapporté la suspension du passage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, une mesure de rétorsion qui n’a toutefois pas encore fait l’objet d’une confirmation officielle par les autorités.

Un haut responsable iranien a par ailleurs confié à Al Jazeera que Téhéran entendait « punir Israël en réponse au crime commis au Liban », insistant sur le fait que la trêve devait s’appliquer à toute la région. Malgré ces avertissements, aucun tir de missile ou de drone iranien en direction d’Israël n’a été observé dans les heures qui ont suivi les bombardements au Liban.

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