Dakar, 13 fév (SL-INFO) – C’est une visite qui marque la fin d’une période de glaciation diplomatique sur le plan économique. Le ministre délégué chargé du Commerce extérieur, Nicolas Forissier, est attendu en Turquie ces 16 et 17 février, avant de rejoindre l’Albanie. Ce déplacement, loin d’être anodin, officialise la reprise des contacts directs entre Paris et Ankara sur les dossiers commerciaux, après plusieurs années de silence institutionnel. objectif affiché par la diplomatie française est clair : il s’agit de « donner un nouveau souffle » à la relation bilatérale. Le point d’orgue de cette visite sera la coprésidence du comité mixte économique et commercial (JETCO) à Istanbul, aux côtés du ministre turc du Commerce, Ömer Bolat.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, cette réunion constitue la « première séquence de discussion à haut niveau sur le volet économique depuis plus de trois ans ». Le dernier comité de ce type remontait en effet à 2022, laissant depuis lors les échanges institutionnels en suspens, malgré la densité des relations d’affaires sur le terrain. Si Paris opère ce réengagement, c’est que la Turquie s’impose comme une « puissance régionale incontournable » pour l’économie française. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le volume des échanges a atteint un niveau record de 23,8 milliards d’euros en 2025.

Ce dynamisme est porté par des secteurs stratégiques comme l’aéronautique, dopé par les commandes des compagnies turques, et l’industrie automobile, où les chaînes de valeur sont particulièrement imbriquées. La présence française sur place reste massive avec 400 filiales employant 143 000 personnes. Les projections évoquées par nos sources mentionnent même un potentiel d’investissement supplémentaire de cinq milliards d’euros sur les trois prochaines années.

**Vers de nouvelles synergies énergétiques**

Au-delà de la reprise du dialogue, Nicolas Forissier doit rencontrer les ministres turcs du Trésor et de l’Industrie pour explorer de nouveaux axes de coopération. L’attention se porte désormais sur la transition énergétique et la décarbonation, alors que la Turquie s’apprête à accueillir la prochaine COP. Les discussions devraient notamment porter sur l’hydrogène, identifié comme un vecteur de croissance commun pour l’horizon 2026.

Le ministre français poursuivra sa tournée le 18 février en Albanie, marquant sa première incursion dans les Balkans depuis sa nomination. L’enjeu y sera de dynamiser des intérêts économiques jugés encore modestes, tout en soutenant le processus d’adhésion de Tirana à l’Union européenne.

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