Dakar, 24 fév (SL-INFO) – Donald Trump a accusé mardi l’Iran de concevoir des armes capables de frapper les Etats-Unis, affirmant toutefois lors de son discours de politique générale devant le Congrès qu’il privilégiait la voie diplomatique avec Téhéran.

L’Iran a « déjà développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases » militaires et « travaille à bâtir des missiles qui pourront atteindre bientôt les Etats-Unis », a déclaré le président américain, qui a massé une imposante armada militaire dans la région du Golfe.

« Ils avaient été avertis de ne plus tenter à l’avenir de reconstituer leur programme d’armement, en particulier les armes nucléaires. Pourtant, ils continuent et (…) poursuivent à l’heure actuelle leurs sinistres ambitions nucléaires », a-t-il ajouté.

« Ma préférence va à une résolution de ce problème par la diplomatie, mais une chose est sûre: je ne permettrai jamais au principal soutien mondial du terrorisme (…) de se doter d’une arme nucléaire », a affirmé Donald Trump lors de son « discours sur l’état de l’Union ».

« Nous sommes en négociations avec eux. Ils veulent conclure un accord, mais nous n’avons pas encore entendu ces mots clés: +Nous n’aurons jamais l’arme nucléaire+ », a encore dit M. Trump.

Téhéran se défend de telles ambitions militaires, mais insiste sur son droit au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.

L’Iran a averti lundi que toute attaque américaine, y compris une « frappe limitée », le pousserait à riposter « avec force », après que le président américain a évoqué une telle option en cas d’échec des pourparlers avec Téhéran.

« Nos missiles ne peuvent pas atteindre le sol américain. Nous devons donc manifestement trouver une autre solution (…) et frapper la base américaine dans la région », a affirmé le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, sans préciser laquelle.

D’après un rapport parlementaire américain daté de 2025, l’arsenal iranien peut atteindre des cibles allant jusqu’à 3.000 kilomètres, soit loin du territoire des Etats-Unis.

Mardi, le ministre iranien a cependant indiqué qu’un accord avec les Etats-Unis était « à portée de main », à l’avant-veille d’une nouvelle session de pourparlers entre les deux pays prévu jeudi à Genève.

– La Chine absente –

Dans son discours, le dirigeant républicain ne s’est guère attardé sur la politique étrangère.

Outre l’Iran, il a évoqué l’opération militaire ayant permis le 3 janvier de capturer le président du Venezuela, Nicolas Maduro, et salué dans ce pays « un nouvel ami et partenaire » des Etats-Unis.

Il s’est aussi vanté d’avoir restauré « la domination » américaine en Amérique latine, et a répété avoir « mis fin à huit guerres », ce que les observateurs jugent pour le moins exagéré.

Alors que la guerre en Ukraine est entrée mardi dans sa cinquième année, M. Trump n’y a fait qu’une courte allusion, tout en saluant la décision de l’Otan de consacrer 5% du produit intérieur brut à la défense.

En revanche, le président américain n’a pas dit un mot de la Chine, malgré le fait que les Etats-Unis considèrent Pékin comme leur principal rival.

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