Dakar, 27 fév (SL-INFO) – Estimant qu’il n’y a pas de préjudice et que les allégations de pollution dirigées contre le site manquent de preuves techniques et scientifiques, les juges ont rejeté une plainte en référé demandant l’arrêt temporaire de l’usine d’engrais à base de phosphates du Groupe chimique tunisien (GCT), jeudi 26 février. 

La justice tunisienne a rejeté une plainte en référé demandant l’arrêt temporaire de l’activité de l’usine d’engrais à base de phosphate de Gabès, dans le sud du pays, jeudi 26 février. Propriété du Groupe chimique tunisien (GCT), cette dernière est accusée de polluer l’environnement et de porter atteinte à la santé de la population locale. Dans l’attente d’une décision judiciaire finale concernant la fermeture du complexe, les plaignants, qui ont annoncé leur intention de faire appel, demandaient au tribunal de statuer en urgence pour suspendre la source de pollution.

En cause ? les résidus gazeux et solides rejetés en pleine nature depuis des décennies par l’usine. « Chaque jour, elle rejette dans la mer des quantités énormes de déchets toxiques de phospho-gypses qui contiennent des métaux lourds, de l’arsenic, du cadmium qui ont un impact sur la santé de la population : il y a par exemple beaucoup de cas de cancer et de problèmes respiratoires dans les quartiers alentours », explique ainsi Kheireddine Debaya, membre du collectif Stop pollution.

Malgré plusieurs cas d’intoxication qui ont conduit des milliers de personnes à descendre dans la rue pour manifester leur colère l’an dernier, malgré aussi les propos du président Kaïs Saïed qui avait lui même reconnu un « assassinat écologique » à Gabès, la justice a « estimé qu’il n’y a[vait] pas de préjudice, que les allégations de pollution étaient non fondées et manquaient de preuves techniques et scientifiques », affirme un avocat des plaignants qui confie avoir été « surpris par cette annonce. Il y a une colère collective à Gabès après cette décision », poursuit celui-ci, avant de confirmer que tout le monde ici veut « continuer la lutte. Notre seule demande, c’est le démantèlement des unités polluantes du Groupe chimique tunisien ».

En Tunisie, les mines de phosphates utilisées pour faire des engrais sont l’une des principales richesses naturelles du pays, ainsi que l’un des piliers de son économie.

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