Dakar, 07 avril (SL-INFO) – Le conflit entre Kiev et Moscou a franchi un nouveau palier meurtrier ce mardi, avec une série d’attaques de drones de part et d’autre de la frontière. Alors que les systèmes de défense antiaérienne ont été massivement sollicités au cours de la nuit, plusieurs projectiles ont atteint des zones urbaines, causant d’importantes pertes civiles.
Selon les informations relayées par la chaîne Al Jazeera, l’un des incidents les plus graves s’est produit dans la région ukrainienne de Dnipropetrovsk. Un drone russe a frappé de plein fouet un bus municipal circulant dans le centre-ville de Nikopol. Le gouverneur régional, Oleksandr Hanzha, a précisé dans une communication officielle qu’il ne s’agissait pas d’une frappe aléatoire. L’attaque a fait au moins trois morts et douze blessés. Le ministre de l’Intérieur, Ihor Klymenko, a indiqué que les équipes de secours dépêchées sur place sont parvenues à extraire sept personnes en vie.
La Russie a également enregistré des victimes civiles sur son propre sol. Dans la région de Vladimir, à l’ouest du pays, un drone ukrainien a bombardé un immeuble résidentiel du district d’Alexandrovsky. Le gouverneur Alexander Avdeev a confirmé la mort d’un couple et de leur fils de douze ans, tandis que leur fille de cinq ans a été hospitalisée pour des brûlures. Parallèlement, dans la région de Voronej, la chute d’un drone intercepté sur le toit d’un entrepôt a fait un blessé et endommagé quatre habitations.
Cette escalade intervient au lendemain d’opérations menées par l’armée ukrainienne contre des installations d’exportation russes en mer Noire. L’intensité des affrontements aériens ne faiblit pas : l’armée de l’air ukrainienne affirme avoir abattu 77 des 111 drones lancés par la Russie durant la nuit. Du côté de Moscou, le ministère de la Défense a rapporté l’interception de 45 drones ukrainiens, dont 19 au-dessus de la région de Leningrad.
Ces frappes simultanées éloignent la perspective d’une accalmie diplomatique. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait récemment conditionné un cessez-le-feu à l’arrêt des attaques contre les infrastructures énergétiques, proposant notamment une trêve à l’occasion de la Pâque orthodoxe. Face à la poursuite des bombardements, le chef de l’État a estimé que la Russie ne semblait pas disposée à accepter cette proposition. Les autorités russes avaient, de leur côté, réagi la semaine dernière en affirmant privilégier la négociation d’un accord de paix global plutôt qu’une trêve temporaire.
