Dakar, 17 mars(SL-INFO) – Les relations tendues entre New Delhi et Islamabad s’invitent à nouveau sur le terrain sportif. Une récente transaction impliquant une franchise anglaise détenue par des intérêts indiens a déclenché une vive réaction de la part d’une figure historique du cricket.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la légende du cricket indien Sunil Gavaskar a fermement condamné le recrutement du lanceur pakistanais Abrar Ahmed par les Sunrisers Leeds. Cette équipe, qui évolue dans la compétition anglaise The Hundred, appartient au même groupe que la franchise indienne des Sunrisers Hyderabad. Le transfert, conclu la semaine dernière, s’élève à 190 000 livres sterling, soit environ 252 000 dollars.

Dans une chronique publiée ce week-end par le quotidien indien Mid-Day, l’ancien capitaine de 76 ans a formulé des accusations précises. Il avance que les sommes versées à un joueur pakistanais sont soumises à l’impôt sur le revenu dans son pays, des fonds qui servent ensuite à l’achat d’armements. Ces opérations contribueraient ainsi « indirectement à la mort de soldats et de civils indiens », a-t-il écrit. Sunil Gavaskar estime que tout propriétaire indien procédant à de tels paiements participe aux pertes humaines de son pays.

Depuis 2009, les joueurs pakistanais sont exclus de l’Indian Premier League (IPL) en raison des tensions diplomatiques entre les deux nations. Avant les enchères de Londres pour le tournoi The Hundred, des rumeurs évoquaient un possible boycott tacite des joueurs pakistanais par les équipes affiliées à l’IPL. Outre les Sunrisers Leeds, trois autres franchises de la compétition (MI London, Manchester Super Giants et Southern Brave) sont en partie détenues par des sociétés contrôlant des équipes de l’IPL.

Un autre joueur pakistanais, Usman Tariq, a été recruté lors de ces mêmes enchères par les Birmingham Phoenix, une équipe soutenue par des capitaux américains. Face aux interrogations, l’England and Wales Cricket Board a publié le mois dernier un communiqué affirmant que les huit franchises de la compétition s’engageaient à effectuer leurs sélections uniquement sur la base des performances sportives.

L’Inde et le Pakistan, qui ont connu un conflit meurtrier en mai de l’année dernière, ne disputent plus de séries bilatérales depuis plus d’une décennie et ne s’affrontent que lors de tournois mondiaux ou régionaux. Le premier batteur à avoir franchi la barre des 10 000 courses en test-match a conclu son intervention en appelant à l’annulation de ce transfert, espérant que « des conseils plus sages prévaudront ».

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