Dakar, 03 fév (SL-INFO) – Longtemps considéré comme le berceau de l’humanité, le continent africain est aujourd’hui appelé à devenir l’un des moteurs mondiaux de la science, de la technologie et de l’innovation. Riche en capital humain, en énergies renouvelables et en ressources minières stratégiques, l’Afrique dispose d’atouts considérables encore largement sous-exploités. Face aux défis persistants que sont l’insécurité alimentaire, le changement climatique, la pauvreté ainsi que l’accès limité à l’éducation et à la santé, la science et l’innovation apparaissent comme des leviers essentiels de transformation..

US-Africa Frontiers, catalyseur de partenariats scientifiques

C’est dans ce contexte que les Académies nationales des sciences, de l’ingénierie et de la médecine des États-Unis ont lancé, en 2022, le programme US-Africa Frontiers of Science, Engineering, and Medicine. L’initiative vise à renforcer le dialogue scientifique entre jeunes chercheurs africains et américains, à encourager les collaborations interdisciplinaires et à préparer une nouvelle génération de leaders scientifiques.

Le Sénégal, hub de la diplomatie scientifique

Après Nairobi en 2022 et Rabat en 2024, le Sénégal accueille à son tour ce symposium stratégique. Au cœur des échanges : l’intelligence artificielle, la sécurité alimentaire, la bioinformatique, les minéraux critiques et la santé maternelle.

Le choix du Sénégal pour cette édition 2026 ne doit rien au hasard. La candidature du pays et l’organisation de l’événement ont été coordonnées par deux figures académiques majeures, sélectionnées par les Académies américaines pour leur parcours international : le Professeur Madiagne Diallo, Administrateur général de la Fondation ANSTS et membre du Comité Scientifique international de US-Africa Frontiers, et le Professeur Balla Diop Ngom, titulaire en Physique du Solide et directeur du Laboratoire de Photonique Quantique Énergie et NanoFabrication de l’UCAD.

Pour le Dr Moctar Touré, président de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (ANSTS), cet événement s’inscrit pleinement dans la mission de l’institution. « Ce symposium met en binôme de jeunes chercheurs africains et américains sur des thématiques d’avant-garde qui façonneront le monde de demain. Il était essentiel que l’Afrique soit présente dans la réflexion, la construction et l’utilisation de ces technologies », a-t-il souligné.

Une convergence avec l’Agenda national de transformation 2050

Du côté des autorités, le professeur Amidou Datte, directeur général de la recherche et de l’innovation au ministère de l’Enseignement supérieur, salue un événement « venu à son heure ». Selon lui, le symposium est en parfaite cohérence avec la vision portée par les nouvelles autorités à travers l’Agenda national de transformation 2050, qui place la recherche et l’innovation au cœur du développement national. Il estime que cette rencontre marque un tournant, avec des projets construits conjointement par des chercheurs africains et américains.

Une coopération fondée sur la co-construction

Pour Dalal Najib, directrice de la coopération internationale aux Académies nationales américaines, le programme Frontiers repose sur une conviction forte : l’excellence scientifique n’a pas de frontières. « Nous sommes en Afrique pour contribuer, mais aussi pour apprendre. Il y a ici des talents, des ressources humaines et des problématiques scientifiques d’intérêt mondial », affirme-t-elle.

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