Dakar, 16 fév (SL-INFO) – La stratégie américaine au Moyen-Orient prend une tournure à deux visages. Alors que les canaux diplomatiques restent ouverts pour tenter de désamorcer les tensions avec l’Iran, les États-Unis procèdent à un renforcement militaire massif dans la région. Ce déploiement, confirmé par le Pentagone, intervient à un moment critique où les négociations sur le dossier nucléaire tentent de trouver un second souffle.

Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, Washington a validé l’envoi d’un deuxième groupe aéronaval dans la zone. Le porte-avions « USS Gerald R. Ford » est désormais en route pour rejoindre l’« USS Abraham Lincoln », déjà opérationnel sur place. Ce dispositif naval est complété par des destroyers lance-missiles et des escadrons de chasse supplémentaires, repositionnés depuis l’Europe pour densifier la couverture aérienne. Au-delà de la flotte, le renforcement concerne également les infrastructures terrestres. Le Commandement central américain (CENTCOM) a accentué la protection de ses bases clés, notamment au Qatar et en Jordanie. Des images satellites et des confirmations officielles attestent du renforcement ou de la mobilité accrue des systèmes de défense « Patriot » et « THAAD ». Pour les responsables américains, cette montée en puissance répond à un double impératif : assurer la protection du personnel américain et renforcer la dissuasion face aux menaces régionales.

Ce déploiement intervient paradoxalement alors que la diplomatie tente de reprendre ses droits. Des discussions indirectes entre Washington et Téhéran ont repris le 6 février à Mascate, sous la médiation du sultanat d’Oman. Ces échanges, qui marquent une reprise après huit mois de suspension suite aux tensions israélo-iraniennes, ont été qualifiés de « positifs » par les deux parties, malgré le bruit de bottes dans le Golfe Persique. Le dossier nucléaire reste au cœur de ces tractations, avec un point de blocage précis concernant 400 kg d’uranium enrichi. D’après certaines sources, les États-Unis souhaiteraient le transfert de ce stock vers un pays tiers. Une option rejetée par Mohammad Eslami, chef de l’agence nucléaire iranienne, qui dénonce l’influence de « groupes de pression ». L’Iran propose en revanche une alternative technique : la dilution de cet uranium enrichi à 60 %, conditionnée toutefois à la levée totale des sanctions par Washington.

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