Dakar, 19 mars(SL-INFO) – Deux hommes, M. Sy, alias « Ndjiol », et H. Ndiompy, dit « Parisien », ont comparu mardi devant la Chambre criminelle de Dakar. Après près de cinq ans de détention provisoire, ils répondent de meurtre avec actes de torture et de barbarie. Le délibéré est attendu pour le 14 avril prochain.

D’après Les Échos, qui a suivi l’audience, les faits remontent au 1er septembre 2021. Le corps de la victime, Wally Koita, avait été découvert près d’un dépotoir d’ordures à proximité de l’ancien aéroport Léopold Sédar Senghor. L’autopsie avait conclu à une mort causée par une hémorragie interne, consécutive à des coups portés avec des objets durs et contondants, entraînant notamment des lésions crânio-rachidiennes. Le mobile de ce déchaînement de violence ? Un simple téléphone portable prétendument dérobé.

Témoignage choc

L’enquête repose en grande partie sur les déclarations d’un témoin oculaire, A. Touré. Devant les enquêteurs, ce dernier a livré un récit glaçant : selon lui, les deux accusés ont ligoté, battu, puis torturé la victime jusqu’à ce que mort s’ensuive, avant de traîner son corps vers le dépotoir. Il précise que c’est « Ndjiol » qui est allé chercher la corde pour entraver le défunt, tout en remettant un bâton à « Parisien » pour qu’il continue de frapper. Plus grave encore, le témoin affirme que c’est « Ndjiol » qui aurait volé le portable de H. Ndiompy avant de faire porter le chapeau à Wally Koita, provoquant ainsi la bagarre fatale.

Versions contradictoires à la barre 

À la barre, reprend la même source, les deux accusés ont livré des versions contradictoires. Ndiompy a reconnu avoir asséné plusieurs coups à la victime- à l’aide de ses poings, d’une pierre et d’un bâton- tout en affirmant avoir agi sous l’effet de l’alcool et soutenant que Sy lui avait fourni le bâton pour « corriger » Wally Koita. De son côté, M. Sy, commerçant à Ouakam, a maintenu n’avoir jamais pris part à l’agression, affirmant être intervenu tardivement après avoir entendu des cris.

20 ans requis 

Le ministère public a balayé l’excuse de l’ivresse, désignant les deux hommes comme coauteurs directs des coups mortels. Le procureur a ainsi requis 20 ans de réclusion criminelle à leur encontre, tout en demandant d’écarter la circonstance de barbarie. La défense a, quant à elle, plaidé l’acquittement, invoquant un manque de preuves formelles d’imputabilité, notamment pour Sy, dont le conseil estime qu’il est jugé sur sa simple réputation de « boudiouman » (récupérateur).

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