Dakar, 07 avril (SL-INFO) – Le débat sur la participation du Premier ministre à la prochaine élection présidentielle franchit une nouvelle étape. Face aux incertitudes juridiques, la majorité parlementaire a officiellement saisi la présidence de l’Assemblée nationale pour engager une procédure visant à clarifier les textes en vigueur en vue de 2029.
Selon les informations rapportées par le journal Sud Quotidien, le groupe parlementaire du parti PASTEF a acté sa démarche le 2 avril dernier. Une correspondance a été formellement adressée au président de l’institution parlementaire. Ce document porte sur le dépôt d’une proposition de loi visant à modifier le Code électoral sénégalais, avec un ciblage spécifique sur la loi n°2021-35 du 23 juillet 2021. Le texte est porté par le président du groupe parlementaire, Mohamed Ayib Salim Daffé, et cosigné par plusieurs députés, dont Ismaïla Wone, Saye Cissé et Saliou Ndione.
L’initiative législative a pour objectif direct de sécuriser l’éligibilité d’Ousmane Sonko pour le prochain scrutin présidentiel. La question de sa candidature fait l’objet d’interprétations divergentes, particulièrement depuis le 1er juillet 2025, date à laquelle la Cour suprême a rejeté son rabat d’arrêt dans le cadre du dossier l’opposant à Mame Mbaye Niang.
Le statut électoral du leader de PASTEF divise actuellement les spécialistes du droit. La promulgation de la loi d’amnistie avait permis sa réintégration dans le fichier électoral, justifiant sa pleine participation aux opérations électorales de la présidentielle de 2024 ainsi qu’aux législatives anticipées du 17 novembre de la même année. Cependant, l’arrêt de la Cour suprême étant intervenu après cette amnistie, certains juristes estiment que le caractère définitif de cette décision pourrait constituer un obstacle juridique à sa candidature en 2029.
À l’inverse, d’autres professionnels du droit soutiennent qu’aucun élément ne s’oppose à ce jour à sa présentation à la magistrature suprême. La proposition de loi introduite par les députés de la majorité se présente ainsi comme une intervention législative destinée à apporter une réponse définitive à ce désaccord juridique.
