Saint-Louis, 04 Fév (SL-INFO) – Dernièrement, une conférence d’envergure s’est tenue au Musée des Civilisations Noires pour commémorer « Thiaroye 44 ». Ce rassemblement, axé sur la « requalification des faits, état des lieux des chiffres et importance », a vu la participation d’historiens et de spécialistes. Leur objectif était de revisiter le massacre des tirailleurs sénégalais en 1944, un épisode sombre de l’histoire coloniale française. Parmi les orateurs figurent le Professeur Mamadou Fall et Mouhamed Mbodj, dont les interventions ont offert un éclairage crucial sur les enjeux historiques et mémoriels de cet événement.

Le Professeur Mouhamed Mbodj a ouvert la session en soulignant la dimension raciale qui imprègne les crimes de guerre, notamment pendant les deux guerres mondiales. Il a rappelé comment ces conflits ont souvent intégré des stéréotypes racistes, servant à délégitimer les troupes coloniales africaines. Mbodj a cité les travaux récents qui révèlent une discrimination envers les soldats noirs, comme en témoignent les archives militaires de la Seconde Guerre mondiale où l’on remarque un biais évident dans le traitement judiciaire des crimes sexuels impliquant ces soldats.

En approfondissant le cas de Thiaroye, Mbodj a relaté les évènements du 1er décembre 1944, où des tirailleurs, libérés des camps allemands, ont été confrontés à la violence des autorités françaises lorsqu’ils demandaient leurs soldes promises. Ce massacre, argumente-t-il, doit être requalifié en crime racial et colonial, une requalification permise par le droit international qui ne prescrit pas les crimes raciaux.

Le débat a aussi exploré les défis liés à la requalification des faits historiques, qui nécessitent des collaborations entre historiens, juristes et archivistes pour établir une vérité authentique. Le Professeur Fall a insisté sur la mission des historiens de reconstruire le passé avec impartialité, une tâche qui peut influencer les procédures judiciaires dans les cas de crimes contre l’humanité.

La requalification de « Thiaroye 44 » pourrait ouvrir la voie à des réparations pour les descendants des victimes. Cela souligne l’importance d’examiner ces événements historiques pour mieux comprendre les dynamiques raciales et coloniales du XXe siècle, comme l’ont conclu les chercheurs. Pour plus de détails, lisez cet article sur les sites de nos confrères de Sud Quotidien.

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