Dakar, 11 fév (SL-INFO) – B. A, poursuivie pour infanticide, a comparu devant la chambre criminelle du Tribunal de Grande Instance de Thiès. Elle est accusée d’avoir causé la mort de son nouveau-né peu après l’accouchement, survenu en décembre 2022.

À la barre, la prévenue a nié les faits, affirmant qu’elle ignorait être enceinte. « J’avais l’habitude d’avoir des retards de règles pouvant durer jusqu’à six mois. Lorsque j’ai constaté un retard de sept mois, je suis allée consulter un médecin qui m’a diagnostiqué une infection et m’a prescrit des médicaments », a-t-elle expliqué.

Selon son témoignage, elle a accouché quelques heures après avoir pris le traitement prescrit. « Après avoir pris les médicaments, je me suis endormie. À mon réveil, j’ai senti le bébé sortir. Ma tante m’a ensuite conduite à l’hôpital, où j’ai appris que le bébé était décédé. Il n’a poussé aucun cri à la naissance », a-t-elle ajouté. La prévenue a précisé qu’elle était célibataire et qu’il s’agissait de son premier enfant. Elle a soutenu que si elle avait su qu’elle était enceinte, elle aurait gardé le bébé.

Entendu en qualité de partie civile, B.F, présenté comme le père de l’enfant, a confirmé qu’il ignorait également la grossesse. « Nous étions en couple, mais je ne savais pas qu’elle était enceinte. J’ai appris les faits alors que j’étais en déplacement à Saint-Louis. Je me suis aussitôt rendu à l’hôpital régional de Thiès », a-t-il déclaré. Il a indiqué avoir pris en charge les ordonnances médicales et récupéré le corps du nouveau-né pour son inhumation, précisant n’avoir constaté aucune trace de violence sur la dépouille de l’enfant.

Entendue à la barre, la tante de la prévenue a déclaré qu’elle ignorait également la grossesse de B. A. Elle a expliqué que cette dernière se plaignait de maux de ventre persistants, ce qui l’avait amenée à la conduire à l’hôpital. « Le médecin l’a consultée et lui a prescrit des médicaments contre une infection », a-t-elle témoigné. Selon elle, les douleurs persistaient malgré le traitement, une situation qui l’avait surprise, sans toutefois éveiller de soupçons de grossesse. « Je n’ai jamais pensé qu’elle était enceinte, parce qu’elle ne m’en a jamais parlé », a-t-elle insisté.

La tante a poursuivi son récit en expliquant qu’elle avait ensuite entendu des cris provenant de la chambre. « Je suis allée voir et j’ai constaté qu’elle avait accouché », a-t-elle déclaré. Les deux femmes se seraient alors rendues à nouveau à l’hôpital avec le nouveau-né, qui a finalement été déclaré décédé. Le certificat médical de l’autopsie a fait état d’un décès dû à une asphyxie mécanique.

Dans ses réquisitions, le procureur de la République a estimé que les éléments du dossier démontrent que la prévenue ignorait sa grossesse et n’avait aucune intention de donner la mort à son enfant. Au regard de ces circonstances, le ministère public a demandé la requalification des faits d’infanticide en homicide involontaire, et a requis une peine de deux (02) ans de prison ferme à l’encontre de B. A.

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