Dakar, 11 fév (SL-INFO) – La communauté éducative sénégalaise est sous le choc. Le lundi 9 février 2026 restera, selon le Syndicat Autonome de l’Enseignement Moyen Secondaire du Sénégal (SAEMSS), « un jour de tristesse et de mélancolie intense » marqué par la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ, survenue à la suite d’une intervention des forces de l’ordre au sein du campus social. 

Dans un communiqué empreint d’émotion et de fermeté, le SAEMSS considère ce drame comme « une énième bavure » qui vient allonger la liste des étudiants victimes de violences dans l’espace universitaire, au fil des différents régimes. Pour le syndicat, cette tragédie doit constituer « un point d’alerte » majeur pour les autorités, appelées à revoir leur approche de la gestion des crises universitaires. 

Au centre des tensions persistantes entre étudiants et autorités : la question du paiement des bourses. Depuis le début de l’année universitaire 2025-2026, cette problématique est devenue un véritable point d’achoppement entre le gouvernement et les amicales d’étudiants, donnant lieu à des mouvements de protestation récurrents.

Le SAEMSS rappelle que le ministère de l’Enseignement supérieur, de l’Innovation et de la Recherche a engagé, de manière unilatérale, une réforme des modalités de paiement des bourses, sans concertation préalable avec les bénéficiaires ni leurs représentants. Une décision qui, selon le syndicat, a exacerbé la colère estudiantine et favorisé des affrontements d’une rare violence avec les forces de l’ordre. 

Alerté en amont, le SAEMSS dit avoir interpellé les autorités pour qu’elles « respectent les acquis des étudiants » et tiennent compte de la dimension sociale des bourses, souvent perçues comme un moyen de subsistance vital pour des milliers d’apprenants. Mais ces appels seraient restés sans suite, déplore l’organisation. 

Le syndicat condamne avec vigueur ce qu’il qualifie de « violations permanentes des franchises universitaires » par les forces de sécurité. Pour le SAEMSS, l’université doit demeurer « un temple du savoir » et non « un espace de confrontation permanente entre étudiants et forces de l’ordre ». 

Il estime par ailleurs que l’école et l’université semblent reléguées « au second plan » des priorités publiques, alors qu’elles devraient constituer des axes majeurs de rupture et d’investissement pour les autorités.

Face à la gravité de la situation, le SAEMSS formule une série de recommandations qu’il juge indispensables pour restaurer le calme dans les campus universitaires :

• le retrait sans délai des forces de l’ordre de l’espace universitaire ;

• le paiement immédiat de tous les arriérés de bourses ;

• la réouverture immédiate des restaurants du campus social ;

• l’ouverture d’une enquête afin d’identifier les responsabilités dans la mort d’Abdoulaye Bâ, assortie de sanctions exemplaires. 

En conclusion, le SAEMSS présente ses condoléances « attristées » à l’ensemble de la communauté éducative nationale et internationale et prie pour le repos de l’âme du jeune étudiant, « parti à la fleur de l’âge ».

« Que la terre de Matam lui soit légère », conclut le communiqué signé par le Secrétaire général national, El Hadji Malick Youm. 

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