Dakar, 18 fév (SL-INFO) – L’avenir international de l’ancien chef de l’État continue d’alimenter les spéculations, alors que le poste de Secrétaire général des Nations unies doit être renouvelé après le départ d’Antonio Guterres. Si la diplomatie sénégalaise reste officiellement muette sur le sujet, les manœuvres en coulisses et les actes posés par les nouvelles autorités révèlent une tension palpable entre la gestion d’un héritage politique et les intérêts stratégiques du pays.
Le dernier Sommet de l’Union africaine a servi de révélateur à cette situation inédite. Alors que plusieurs chancelleries attendaient une position claire du Sénégal concernant une éventuelle candidature de Macky Sall, la délégation sénégalaise a marqué sa différence. Présent sur place, le Premier ministre Ousmane Sonko a indiqué n’avoir reçu aucun mandat pour aborder la question, tandis que le Président Bassirou Diomaye Faye est demeuré injoignable pour les pairs africains souhaitant échanger sur ce dossier. Une posture de retrait qui tranche avec les usages diplomatiques habituels, où le soutien national précède souvent le consensus continental.
Pourtant, une démarche formelle avait été initiée en amont. Selon les informations rapportées par Le Quotidien, Macky Sall a adressé une correspondance officielle au Président Diomaye Faye, reçue le 9 février dernier. Par ce courrier, l’ancien dirigeant sollicitait l’avis et l’onction de son successeur avant toute déclaration publique, respectant ainsi le protocole républicain. L’absence de suite officielle à cette démarche a contribué à brouiller la lisibilité de la position sénégalaise, laissant le champ libre aux candidats d’autres zones géographiques, notamment d’Amérique latine et d’Océanie, qui s’activent déjà pour succéder au Portugais.
Sur l’échiquier international, les soutiens potentiels ne manquent pourtant pas. Des figures majeures comme le président chinois Xi Jinping ou le français Emmanuel Macron sont perçues comme favorables à ce profil. Même l’ancien président américain Donald Trump aurait, par le passé, assuré Macky Sall de son appui informel. Si le principe de rotation géographique semble défavorable à l’Afrique — Ban Ki-moon ayant précédé Guterres — l’absence de consensus fort sur d’autres continents pourrait rouvrir le jeu, à condition que la candidature soit portée par le pays d’origine.
Au-delà de l’enjeu diplomatique, c’est la lecture politique interne de ce blocage qui interpelle. En refusant de parrainer cette candidature, l’Exécutif se prive potentiellement d’un levier d’éloignement stratégique. Le poste de Secrétaire général de l’ONU, incompatible avec toute activité politique partisane, tiendrait son titulaire éloigné des affaires intérieures sénégalaises pour une durée d’environ dix ans. L’analyse relayée par notre source suggère qu’en faisant barrage à cette ambition internationale, les autorités actuelles prennent le risque de maintenir leur prédécesseur dans l’arène politique locale, avec en ligne de mire les échéances électorales de 2027 et 2029.
