Dakar, 26 fév (SL-INFO) – Le conflit entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants franchit un nouveau cap. La décision de l’État d’opérer des retenues sur les salaires des grévistes, jugées « disproportionnées » par les organisations syndicales, a mis le feu aux poudres, entraînant une riposte immédiate et la menace d’une paralysie totale du système éducatif.
Selon plusieurs responsables, les ponctions oscillent entre 50 000 et 300 000 francs CFA. Des montants que le front syndical conteste fermement. El Hadji Malick Youm, secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire (SAEMS), dénonce des prélèvements qu’il estime « excessifs », certains correspondant selon lui à cinq ou sept jours de grève, bien au-delà des arrêts de travail effectifs. Ce sentiment d’injustice est partagé par le Syndicat des enseignants libres du Sénégal (SELS). Son leader, Amidou Diédhiou, pointe un manque de transparence et s’interroge sur « les modalités de calcul » ayant conduit à de tels écarts d’un enseignant à l’autre. L’ensemble des syndicats exige désormais des éclaircissements sur la base de calcul de ces sanctions financières.
Pour le SAEMS, cette mesure s’apparente à une « volonté assumée de pression » de la part des autorités. Qualifiant la décision d’ »injustifiée », le syndicat promet une « riposte proportionnelle » à ce qu’il considère comme une atteinte aux droits des travailleurs. La réponse ne s’est pas fait attendre. Le front syndical a immédiatement enclenché une nouvelle phase de son plan d’action, débutant par un débrayage et des assemblées générales. Un calendrier de lutte a été dévoilé, incluant une grève totale de 24 heures, suivie de plusieurs jours de débrayage et d’un nouvel arrêt complet des cours la semaine prochaine. Les syndicats brandissent l’ultime menace : un durcissement pouvant aller jusqu’à la suspension des évaluations et des compositions, compromettant ainsi la tenue des examens de fin d’année si aucune solution n’est trouvée.
