Dakar , 17 avril (SL-INFO) En 2025, les chiffres étaient bien plus reluisants. Au bout de l’année, la croissance économique s’était placée à 7.9%, non loin des deux chiffres. Mais, les effluves de 2026 n’annoncent rien de bien meilleur. Au contraire, le Fonds monétaire international table sur une croissance économique de 2.2% dans les chiffres officiellement dévoilés jeudi, dans son rapport sur les perspectives économiques en Afrique subsaharienne.

En effet, au terme d’une solide année 2025 avec une croissance économique estimée à 4,5 %, l’Afrique subsaharienne a, toutefois, vu ses perspectives assombries par la guerre au Moyen-Orient. Le choc a, selon le Fmi, provoqué une hausse rapide des prix des principaux produits de base, en particulier des combustibles et des engrais.

L’institution de Bretton Woods signale que la pauvreté, l’insécurité alimentaire, entre autres indicateurs sociaux, pourraient encore se détériorer en « raison de la baisse de l’aide extérieure et du renchérissement des denrées alimentaires ». La croissance, dans la zone, devrait baisser à 4,3 % en 2026, prévoit le Fmi. Mais, la situation varie d’un pays à l’autre.

L’éthiopie au sommet de la pyramide

En effet, la trajectoire de certains pays ne semble pas perturbée par la crise. Parmi eux, l’Ethiopie dont la croissance est projetée à 9.2% en 2026. La Guinée (8.7%), l’Ouganda (7.5%), le Rwanda (7.2%) et le Bénin (7.0) forment, avec l’Ethiopie, le Top 5 des pays de l’Afrique subsaharienne aux prévisions de croissance les plus fortes pour 2026.

Le Sénégal, quant à lui, est tout en bas du classement. En effet, il rame à la 37ème place, avec une prévision de croissance de 2.2%. Il est derrière tous les pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) ou même de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Les Etats voisins comme la République de Guinée (8.7%), la Guinée Bissau (4.9%), le Mali (5.5%), le Burkina (4.9%) ou encore la Gambie (5.1%), sont tous devant.

Les arguments du ministre de l’Economie

Le ministre sénégalais de l’Economie, Abdourahmane Sarr, a réagi jeudi. Il évoque une phase de redressement. « L’évaluation d’une économie en phase de redressement, telle que le Sénégal, doit être interprétée à la lumière des fondamentaux robustes de son espace d’appartenance », a réagi Abdourahmane Sarr sur ses plateformes numériques.

Pour lui, l’UEMOA a été présentée comme ayant des indicateurs macroéconomiques des plus solides au monde, avec des marges de manœuvre substantielles pour absorber des chocs et gérer des risques identifiés. « Il faut traduire ces fondamentaux en développement réel pour les populations à travers des réformes audacieuses pour une croissance plus inclusive », dit-il.

Le Sénégal parviendra-t-il à faire mieux que ces prévisions ? Les prochains trimestres nous édifieront.

Prévisions de croissance en Afrique Subsaharienne (2026)

1 Éthiopie — 9.2%2 Guinée — 8.7%3 Uganda — 7.5%4 Rwanda — 7.2%5 Benin — 7.0%6 Niger — 6.7%7 Côte d’Ivoire — 6.2%8 RDC — 5.9%9 Tanzanie — 5.9%10 Mali — 5.5%11 Chad — 5.2%12 Libéria — 5.1%13 Gambie — 5.1%14 Zimbabwe — 5.0%15 Togo — 5.0%16 Burkina Faso — 4.9%17 Guinée Bissau — 4.9%18 Cap-Vert — 4.8%19 Ghana — 4.8%20 Botswana — 4.7%21 Kenya — 4.5%22 Sierra Leone — 4.5%23 Zambie — 4.3%24 Comores — 4.1%25 Nigeria — 4.1%26 Sud Soudan — 4.1%27 Eswatini — 4.0%28 Burundi — 3.8%29 Madagascar — 3.6%30 Mauritius — 3.4%31 São Tomé & P — 3.4%32 Cameroun — 3.3%33 Gabon — 2.7%34 RCA — 2.6%35 Namibie — 2.4%36 Angola — 2.3%37 Malawi — 2.2%38 Sénégal — 2.2%39 Seychelles — 1.5%40 Lesotho — 1.1%41 Afrique du Sud — 1.0%42 Mozambique — 0.5%43 Guinée Equatoriale — -2.7%44 Erythrée — Non précisé

By

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *