Dakar, 27 fév (SL-INFO) – L’interpellation de quatre adolescents à Vitry-sur-Seine en 2020 avait suscité une forte attention médiatique. Quatre ans plus tard, le dossier impliquant des agents des forces de l’ordre a connu son aboutissement au tribunal. Les conclusions de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont conduit la justice française à statuer sur les méthodes employées lors de cette opération.

Jeudi, la présidente du tribunal a prononcé une peine de dix mois de prison avec sursis à l’encontre de deux policiers. Cette décision dépasse les réquisitions du parquet, qui avait demandé huit mois de sursis. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la juridiction a estimé que les éléments de l’enquête démontraient une modification « sciemment » opérée du procès-verbal d’interpellation.

Les détails de la procédure précisent la répartition des actes. Matthieu R., 34 ans, agent de la Brigade anticriminalité au moment des faits, est l’auteur matériel du document rédigé en connaissance de cause. Romain E., 41 ans, chef de bord, a été désigné comme l’« auteur intellectuel » de cette falsification destinée à consolider le dossier d’accusation contre les jeunes.

Le procès-verbal litigieux indiquait que les mineurs avaient été formellement reconnus sur les lieux par la victime d’un vol à l’arraché. L’enquête de l’IGPN a toutefois établi que la victime n’était pas présente sur place. Les identifications s’étaient en réalité basées sur des photographies envoyées par Romain E.

Outre la peine de prison avec sursis, les deux agents voient cette condamnation inscrite à leur casier judiciaire. Ils sont également tenus de verser des indemnités allant de 150 à 2 000 euros aux adolescents et à leurs parents au titre du préjudice moral.

À la sortie de l’audience, Matthieu R. a indiqué à la presse qu’il envisageait d’interjeter appel. Du côté des parties civiles, Me Jérôme Karsenti a accueilli favorablement le verdict, y percevant une reconnaissance des faits subis par les victimes, tout en notant que la perspective d’un appel prolongeait la procédure.

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