Dakar, 24 mars(SL-INFO) – Invité de l’émission Talents d’Afrique (TDA) sur Canal+, Me Augustin Senghor, ancien président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), est sorti de sa réserve pour commenter la polémique autour de la finale et la sanction infligée au Sénégal. Un discours à la fois lucide, critique et profondément juridique.
D’entrée, l’ancien patron du football sénégalais ne cherche pas à éluder la part de responsabilité des Lions :
« Je déplore qu’il y ait eu cette réaction », admet-il, en référence au retrait de l’équipe du Sénégal du terrain. Mais très vite, il élargit le débat, dénonçant une approche qu’il juge incomplète : « Vouloir sanctionner les effets sans se pencher sur les causes, c’est du saupoudrage. » Si Me Senghor reconnaît que la Confédération africaine de football (CAF) pouvait difficilement rester sans réaction, notamment au regard de l’image écornée de la compétition, « c’était une finale suivie dans le monde entier », il met en garde contre toute dérive réglementaire.
« On ne peut pas se substituer aux lois du jeu », martèle-t-il. Avant d’ajouter : « S’il n’y a pas de sanctions prévues, on ne peut pas créer le droit. »
Dans son analyse, le cœur du problème réside dans le rôle et les limites des instances disciplinaires :
« Le rôle des juridictions n’est pas de créer un nouveau droit. Elles n’en ont ni le pouvoir ni la prérogative. Sinon, on tombe dans l’arbitraire. »
Face à ce qu’il considère comme une faille du système, Me Senghor appelle plutôt à une réforme en profondeur :
« Il faut changer nos textes », insiste-t-il, en évoquant un processus clair impliquant le comité exécutif, puis l’assemblée générale.
Il rappelle également un principe fondamental du football mondial : l’autorité de l’arbitre.
« Les décisions de l’arbitre sont définitives et inattaquables », souligne-t-il, précisant que toute remise en cause de ce principe suppose une réforme des lois du jeu via l’IFAB.
Durant le match, ajoute-t-il, « l’arbitre jouit d’un pouvoir discrétionnaire », allant jusqu’à décider de la validité d’un but ou de la poursuite de la rencontre.
En dernière analyse, Me Senghor s’interroge sur la décision finale rendue plusieurs semaines après les faits :
« L’arbitre n’a jamais dit qu’il n’avait pas mené le match à son terme. Il n’a pas contesté le résultat. »
Dès lors, conclut-il, « cette décision, sortie de nulle part après 52 jours, excède les compétences du jury disciplinaire. »
Une question de fond, au-delà du cas sénégalais, la CAF peut-elle sanctionner en dehors du cadre strict des textes ?
