Dakar, 05 mai (SL-INFO) – À 26 ans, la réalisatrice sénégalaise Awa Diédhiou signe un film profondément intime, dans lequel elle choisit de raconter le handicap de l’intérieur. Elle met en lumière des femmes en situation de handicap, souvent invisibilisées, et propose une autre manière de les regarder, loin des stéréotypes et des représentations réductrices.https://www.youtube.com/embed/VBDCP7lt2A0
Née avec une infirmité motrice cérébrale, elle a grandi dans un environnement où la différence est souvent mal comprise. Très tôt, elle affirme avoir dû se battre non seulement pour avancer, mais surtout pour exister pleinement. « C’était une façon de montrer que moi, je suis capable de faire quelque chose », confie-t-elle, émue, après la projection de son film, accueillie par des applaudissements nourris dans la salle.
Pour Awa Diédhiou, le cinéma devient un espace d’expression et de reconstruction, un lieu où elle transforme son vécu en récit collectif. Elle reconnaît pourtant une relation complexe à l’image : « Pour être sincère, je déteste me voir à l’écran et je déteste même parler de moi. Mais je me dis qu’il faut le faire, sinon ça n’a pas de sens », explique-t-elle.
Dans une vidéo diffusée par BBC News Afrique, la réalisatrice apparaît recevant une attestation de participation dans le cadre d’une initiative soutenue par l’UNESCO dédiée aux femmes africaines dans la tech et l’intelligence artificielle. Un moment chargé d’émotion qui vient saluer son engagement. Au-delà de son parcours personnel, elle cherche surtout à changer le regard porté sur le handicap et à rendre visibles des réalités encore trop peu racontées.
