Dakar, 24 mars(SL-INFO) – Un bras de fer oppose les occupants de la devanture du Centre Hospitalier National Matlaboul Fawzayni de Touba à la direction de l’établissement. Vendeurs et chauffeurs de taxis refusent catégoriquement de quitter les lieux, tandis que le directeur revendique son droit de récupérer un terrain appartenant à l’hôpital.

Vingt ans d’occupation et un refus net

Les occupants du site se disent installés depuis 2005 sans jamais avoir été inquiétés. Au nom de ses collègues, le taximan Abdou Aziz Fall monte au créneau : « Depuis 2005, nous sommes sur place. Aucun directeur n’a voulu nous déguerpir. Ce parking constitue une réserve pour les chauffeurs de taxis. Tous les hôpitaux disposent d’un parking pour les taximen. Nous n’accepterons jamais cette décision du directeur. Nous avons un récépissé pour occuper ce site. Il ne nous a fait aucune proposition. C’est l’équipe de la mairie qui est venue ce matin pour nous déguerpir. »

Contacté par Seneweb, le Dr Massamba Thioro Sall, directeur de l’hôpital, donne sa version des faits. Pour lui, la situation est sans ambiguïté : « L’hôpital n’a que deux hectares et la devanture de l’hôpital appartient à l’hôpital. Tous ces terrains ont été achetés par le vénéré Serigne Saliou Mbacké. Les taximen occupaient cela et c’était un prêt de l’hôpital. »

Face au manque croissant d’espace, la direction a saisi le conseil d’administration, qui a donné ses directives.

« Le conseil d’administration est l’organe délibérant, l’organe suprême. Nous avons contacté la mairie », précise-t-il.

Mais avant toute démarche administrative, le directeur s’est tourné vers le khalife général des mourides : « Nous en étions ouverts à Serigne Mountakha Mbacké, qui nous a donné carte blanche. La seule chose qui l’intéressait, c’est de savoir à qui appartenait ce terrain. Ce terrain appartient à l’hôpital. Il nous a donné l’autorisation de récupérer ce qui nous est dû. »

Six tentatives de dialogue, un blocage persistant

Le Dr Sall affirme avoir multiplié les efforts pour trouver une solution amiable : « Depuis que je suis venu, on les a appelés pendant plus de six fois pour discuter. Mais apparemment, ils ne veulent pas comprendre. Ce qu’ils disent, c’est que l’hôpital doit avoir un garage de taxi, donc eux, ils ne vont pas bouger. Mais ils savent et reconnaissent que c’est pour l’hôpital. »

La mairie, après ses propres investigations, a confirmé, dit-il, que le terrain appartient à l’hôpital et a délivré une sommation. Le directeur conclut : « Comme c’est notre dû, l’hôpital a le droit de récupérer ce qui lui appartient. Nous nous en sommes ouverts aux autorités administratives et nous leur laissons le soin de faire ce qu’il faut faire. »

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