Dakar , 14 avril(SL-INFO)- À la veille de l’installation d’une nouvelle direction générale, la situation au sein de l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP) suscite de vives inquiétudes. La jonction de la section SAMES/ARP et de la sous-section SUTSAS/ARP alerte sur ce qu’elle qualifie de dérive dans la gestion administrative de l’institution.

Dans une déclaration rendue publique ce mardi 14 avril 2026, les deux structures syndicales dénoncent une série de pratiques jugées contraires aux principes de bonne gouvernance. Elles évoquent notamment une vague de signatures de contrats à durée indéterminée (CDI) qui ne respecterait pas les procédures habituelles de recrutement et de stabilisation du personnel. 

Selon elles, ces décisions interviennent alors même que certains stagiaires ayant cumulé une année de service ont été écartés.

Autre point de préoccupation soulevé : la situation d’un directeur technique nommé par arrêté ministériel qui se serait également attribué un contrat à durée indéterminée. Une démarche que les syndicats considèrent comme problématique sur le plan de la conformité administrative.

Au-delà des questions de recrutement, les organisations syndicales pointent une gestion qu’elles jugent peu transparente. Elles dénoncent l’attribution de missions à des agents ne disposant pas toujours des compétences requises, voire à des stagiaires, au détriment du personnel qualifié en interne. 

Une situation qui, selon elles, commence à susciter des interrogations jusque chez certains partenaires techniques et financiers.

Les critiques portent également sur la conduite de certaines activités d’envergure nationale, notamment une mission de cartographie des dépôts pharmaceutiques, agences de promotion et industries dans les 14 régions. Les syndicats regrettent un manque d’implication des pôles techniques régionaux, pourtant directement concernés.

Par ailleurs, ils s’interrogent sur les modalités de gestion financière de certaines opérations. Ils citent le paiement des ordres de mission via la cellule partenariat, alors que l’ARP dispose de services administratifs et financiers dédiés ainsi que d’un agent comptable.

Enfin, les syndicats dénoncent un manque de lisibilité dans la répartition des responsabilités sur certaines activités stratégiques, évoquant des zones d’ombre entre différentes entités internes.

Face à cette situation, la jonction SAMES/SUTSAS appelle à une réaction urgente des autorités. Elle demande notamment l’ouverture d’audits financiers et des ressources humaines sur la gestion de la direction sortante, ainsi que la suspension de toute décision administrative sensible jusqu’à la prise de fonction de la nouvelle équipe dirigeante.

Les syndicats invitent également les plus hautes autorités de l’État à prendre les mesures nécessaires pour garantir la transparence et la régularité des actes posés durant cette période de transition.

Tout en réaffirmant leur vigilance, les deux organisations assurent rester mobilisées pour la défense d’une ARP « forte, crédible et au service exclusif de la santé publique ».

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