Dakar, 04 mai (SL-INFO) – En signant le décret n°2026-807 en fin avril, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a acté une révolution dans le paysage de la commande publique qui est souvent un nid de magouilles.
En effet, avec la création de la Commission de contrôle des marchés publics et des projets de partenariat public-privé (PPP) classés secret-défense (CCMP-CPP/SD), le Sénégal se dote d’un garde-fou pour encadrer les contrats sensibles, autrefois zones d’ombre privilégiées pour les dérives budgétaires.
Le rapport de présentation du nouveau décret souligne d’ailleurs que la notion de « confidentialité » a trop souvent servi de « paravent » pour contourner les règles de transparence. Entre contrats de gré à gré injustifiés qui ne disent pas leur nom et évitement systématique des contrôles, l’usage abusif du sceau « Secret-Défense » pesait jusqu’ici comme un boulet sur les finances de l’État.
Pour mettre fin à cette ère d’opacité, l’exécutif a choisi l’institutionnalisation. La nouvelle Commission de contrôle des marchés publics et des projets de partenariat public-privé classés secret-défense (CCMP-CPP/SD) est désormais la tour de contrôle de ces marchés stratégiques.
Rattachée à la présidence, elle a pour mission d’évaluer, avant toute signature, si un projet mérite réellement ce régime dérogatoire.
« On ne va plus classer les marchés par un pouvoir discrétionnaire absolu », a déclaré Lamine Samb, directeur de la Formation et de l’Appui techniques de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), en marge de la troisième édition de la Formation internationale sur la gestion des contrats de travaux (FIDIC) qui a levé ses rideaux ce lundi à Dakar.
« Les marchés classés secret-défense étaient un maillon faible opaque », avoue-t-il. Selon lui, le mérite des pouvoirs publics actuels, c’est « d’avoir pris l’audace et l’ambition d’éclairer les marchés classés secrets-défenses » en mettant en place une entité spécifique qui regroupe l’ensemble des autorités contractantes et d’y associer la structure dédiée au contrôle (la DCMP) et la structure dédiée à la régulation (l’ARCOP). Cette nouvelle commission est appelée à contrôler de très près « la nature » et « l’éligibilité » de ces marchés réputés classés secret-défense.
« Désormais, on ne va plus classer les marchés secret-défense par un pouvoir discrétionnaire absolu. Il y aura un contrôle en amont. Et lorsqu’on a cette assurance qualité du régulateur articulé autour des pouvoirs publics essentiels, je pense qu’aujourd’hui on peut dire de manière très claire que dans les marchés publics il y a le règne du ‘Jubb Jubbal Jubanti’ », se réjouit M. Samb qui salue « une avancée majeure du système d’intégrité de la commande publique ».
