Dakar, 06 Mai (SL-INFO) – Au terme de la deuxième journée du symposium national sur l’enseignement privé, ce mardi 05 mai 2026, une conviction se dégage : le secteur évolue déjà, mais les recommandations issues des travaux doivent désormais servir de levier pour mieux l’encadrer et l’accompagner.
Les commissions ont présenté leurs rapports, dressant un diagnostic marqué par des fragilités économiques, le poids de l’informel et des disparités de qualité, mais aussi un fort potentiel d’innovation. Les échanges ont mis en évidence de fortes attentes des acteurs vis-à-vis du ministère de l’Éducation nationale.
À la clôture des travaux, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, a salué un diagnostic sans complaisance et a rappelé les trois piliers de la refondation : structuration, régulation et développement. Il a mis en avant des recommandations portant notamment sur la réforme du cadre réglementaire, la viabilité des établissements, le partenariat public-privé, les standards de qualité, ainsi que la formation et la protection des enseignants.
Au-delà du cadre institutionnel, les échanges ont révélé un secteur privé déjà en pleine transformation.
C’est le cas de l’école franco-sénégalaise, qui a présenté un modèle hybride combinant programmes sénégalais et français, avec une ouverture à plus d’une vingtaine de nationalités. L’établissement mise également sur le numérique à travers des Fab Labs, et plaide pour une mutualisation des ressources entre établissements.
Dans la même dynamique, l’IQRA Bilingual Academy développe une pédagogie fondée sur l’immersion linguistique en français, anglais et arabe, dans un environnement multiculturel. L’école met l’accent sur l’ouverture internationale et l’intégration d’élèves issus de parcours non francophones, notamment des daaras.
Ces initiatives traduisent une attente commune : un accompagnement plus structuré de l’État face à des dynamiques déjà engagées. Les recommandations du symposium apparaissent ainsi comme une réponse à ces besoins.
Reste désormais leur mise en œuvre, dans un contexte où l’enseignement privé sénégalais se trouve à un tournant entre réformes attendues et mutations déjà en cours.
