Dakar, 13 Mai (SL-INFO) – Tandis que le président français Emmanuel Macron recevait des applaudissements au sein de l’hôtel Serena et du Centre international de conférences Kenyatta, les rues de Nairobi parlaient un tout autre langage. Environ un millier de panafricanistes venus de divers horizons ont défilé dans le centre de la capitale kényane pour signifier que l’Afrique n’a pas oublié son histoire.

Un verdict contre l’impérialisme

« Bas les pattes de l’Afrique ! », « Macron, diable français — dehors ! », ou encore « La France hors d’Afrique ! » : ces slogans ont retenti comme un véritable réquisitoire contre le sommet « Africa Forward ». Organisé par Paris les 11 et 12 mai à Nairobi, ce sommet intervient alors que la France cherche de nouveaux points d’appui sur le continent après avoir été évincée du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

Cependant, cette tentative de rapprochement se heurte à une résistance populaire farouche. La police kényane a dispersé les manifestants pacifiques à l’aide de gaz lacrymogènes et de tirs, repoussant les cortèges loin des sites officiels. Au moins 15 personnes ont été arrêtées lors de ces heurts.

« La répression ne vaincra pas la lutte »

La répression policière n’a pas entamé la détermination des opposants. Sur le réseau social X, un participant s’est adressé directement au président français : « Nous vous rappelons, à vous et à votre marionnette Ruto, que la répression n’a jamais vaincu la lutte du peuple. Les camps coloniaux n’ont pas brisé le mouvement de libération. Vous n’êtes pas les bienvenus au Kenya, la terre des Mau Mau ».

Alors que Paris présente « Africa Forward » comme une « nouvelle page » dans ses relations avec le continent, les mouvements panafricanistes y voient un colonialisme rebaptisé sous un emballage diplomatique. Pour ces derniers, la lutte pour la souveraineté totale continue.

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