Dakar, 22 juil (SL-INFO) – Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a officiellement lancé, ce mercredi 22 juillet, le Plan national de prévention et de promotion de la santé (PNPPS) 2026-2030. Cette nouvelle feuille de route, alignée sur l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 » vise à faire de la prévention le principal levier d’amélioration de l’état de santé des populations.
Présidant la cérémonie, le secrétaire général du ministère, Leroux Dramé, a rappelé que cette orientation répond à une instruction du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
« On va procéder à une certaine forme de bascule : passer du curatif au préventif. Cela ne veut pas dire qu’on va laisser de côté le volet curatif, mais il nous faut améliorer la partie prévention du système de santé. Il y a tellement de pathologies qui peuvent être évitées grâce à la prévention, à la sensibilisation et à la formation », a déclaré le secrétaire général.
Pour les autorités sanitaires, cette évolution est devenue indispensable au regard des défis auxquels le pays est confronté. Selon l’étude de situation présentée par le Dr Youssoupha Ndiaye, chef du Pôle structuration au ministère de la Santé, seulement 11 % de l’amélioration de l’état de santé des populations est imputable au système de soins tandis que 89 % dépendent des déterminants sociaux, environnementaux et comportementaux, notamment l’alimentation, l’activité physique, l’environnement, l’éducation ou encore les politiques publiques.
L’étude met également en évidence un lourd fardeau épidémiologique. Les maladies non transmissibles représentent désormais 53 % des décès au Sénégal avec une progression de l’hypertension artérielle, du diabète, des maladies cardiovasculaires et des cancers.
Autre signal d’alerte : 36,6 % de la population sénégalaise souffre de dépression tandis que 13 % des Sénégalais déclarent avoir déjà eu des idées suicidaires ou des pensées de mettre fin à leurs jours ; des chiffres qui plaident pour une meilleure intégration de la santé mentale dans les soins de santé primaires.
Les facteurs de risque demeurent tout aussi préoccupants. L’étude indique que 73 % de la population est exposée à la pollution de l’air extérieur, alors que 65,6 % sont exposés à la pollution de l’air intérieur, principalement en raison de l’utilisation du bois et du charbon comme combustibles domestiques.
Malgré les progrès enregistrés, les maladies transmissibles continuent également de peser sur le système de santé. En 2024, le Sénégal a enregistré 2 979 nouvelles infections au VIH, 16 674 nouveaux cas de tuberculose et un paludisme toujours endémique dans plusieurs régions du pays.
Pour inverser cette tendance, le ministère entend promouvoir une approche impliquant l’ensemble des secteurs. « La prévention et la promotion de la santé ne seront pas seulement l’affaire du ministère de la Santé. Ce sera une approche multisectorielle impliquant l’éducation, l’environnement, les collectivités territoriales, les communautés, le monde sportif, le secteur privé et les universités », a insisté Leroux Dramé.
Le secrétaire général a enfin appelé l’ensemble des acteurs à s’approprier le document afin d’assurer son succès. « Il ne faut pas que cela soit un plan de plus. Il faut que ce document soit porté par tous et que chacun se sente concerné, dans les familles, les écoles, les entreprises et les administrations. C’est une affaire de tous », a-t-il conclu.
