Dakar, 24 oct (SL-INFO) – Papa Saliou Ciss, alias « Kaylor », a passé sa première nuit en prison. Déféré par la Sûreté urbaine (SU), le créateur de contenu de 30 ans a été placé sous mandat de dépôt et sera jugé dès mercredi. Libération révèle que le parquet a corsé son dossier en ajoutant la « diffusion de fausses nouvelles » aux charges initiales de diffamation, collecte illicite de données à caractère personnel, incitation à la discrimination raciale et appel à la haine.

À l’origine de l’affaire, rappelle le quotidien d’information, une plainte d’El Hadji Boubacar Ba, président de la Fédération nationale des boutiquiers pour la modernisation (FNBM). Il accuse l’administrateur du compte TikTok « @keylor1004 » d’avoir diffusé des vidéos dénonçant un prétendu boycott de produits locaux par des commerçants, notamment les eaux Kirène, Séo et Casamançaise, ainsi que le sucre fabriqué au Sénégal. Le plaignant soutient que ces publications portent atteinte à la réputation des commerçants et risquent d’« attiser les tensions entre commerçants sénégalais et étrangers ». Il précise que les pénuries observées découlent uniquement de « difficultés d’approvisionnement » et non d’un quelconque boycott.

A lire aussi : « Garde à vue de l’influenceur Papa Saliou Ciss « Keylor » : Ce que le procureur a ordonné à la sûreté urbaine »

Face aux enquêteurs, en présence de ses avocats, Kaylor a reconnu être l’auteur des séquences incriminées. Il conteste toutefois catégoriquement les intentions qui lui sont prêtées. Pour sa défense, il soutient avoir seulement « voulu alerter les autorités sur la disponibilité des eaux locales et sur la protection des consommateurs ». Concernant le grief de boycott, le prévenu rejette toute accusation ferme, déclarant « n’avoir formulé aucune accusation catégorique » et indiquant « avoir simplement évoqué cette possibilité ». Il assure également que les commerçants filmés étaient prévenus de ses prises de vue et qu’il avait pris la peine de « flouter les visages dans l’une des vidéos ». Enfin, niant tout propos haineux, il affirme que ses déclarations « visaient exclusivement à défendre les consommateurs et à interpeller les autorités compétentes », se présentant en « lanceur d’alerte » ne cherchant à « stigmatiser aucune ethnie ». 

By

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *