Dakar, 24 oct (SL-INFO) – Rappelé sur le banc madrilène pour mettre fin à la domination du FC Barcelone, l’entraîneur portugais José Mourinho doit prouver dimanche, lors du premier Clasico de la saison, qu’il a encore l’antidote au jeu collectif de son meilleur ennemi catalan.
Il a beau assurer que le fait de revenir au Camp Nou – encore en travaux – n’a « rien de spécial », la mythique enceinte barcelonaise tient une place à part dans le parcours du technicien portugais.
De ses débuts comme assistant de Bobby Robson, puis Louis van Gaal, sur le banc catalan, aux pires humiliations subies avec le Real, en passant par sa revanche historique avec l’Inter en Ligue des champions, le « Special One » y a tout connu.
L’entraîneur madrilène y est même devenu « l’ennemi public numéro 1 » en Catalogne, en bâtissant sa légende par son opposition frontale, et par tous les moyens possibles, au style de jeu barcelonais, incarné par Pep Guardiola et Lionel Messi.
C’est avec cette étiquette, dont l’ex-coach de Chelsea se targue volontiers, que Mourinho va faire son retour au Camp Nou, treize ans plus tard, avec une mission similaire: stopper à tout prix le Barça, double champion d’Espagne en titre et leader invaincu de Liga, sur sa route vers un troisième sacre consécutif.
Dynamiques inversées
Ses hommes arriveront dimanche avec six points de retard au coup d’envoi, et sans les certitudes collectives de leur rival, mais avec une meilleure dynamique, après deux larges succès (4-1) contre le Séville FC et le RB Leipzig.
« C’est vrai que nous sommes sur une bonne dynamique, nous gagnons nos matches, nous jouons plutôt bien, nous marquons des buts, mais dans un Clasico, tout ce que tu as pu faire avant n’a plus d’influence », a cependant tempéré Mourinho.
« Je crois que les gens qui pensaient, il y a une semaine, que le Barça allait nous humilier, continuent de le penser. Ce n’est pas parce que le Barça a perdu à Paris et que nous avons battu Leipzig qu’ils vont changer d’avis », a-t-il estimé.
Si le combat était purement footballistique, le Barça semble en effet au-dessus, même après sa première défaite de la saison face au PSG (4-2) en Ligue des champions. Mais il ne l’est jamais vraiment dans ce genre de rencontres à couteaux tirés, surtout lorsque Mourinho est présent sur le banc.
Duel Mbappé-Lamine Yamal
Cela ne suffira peut-être pas pour gagner, ce que le Real n’est parvenu à faire qu’une seule fois depuis l’arrivée de l’entraîneur allemand Hansi Flick à l’été 2024. Mais le coach portugais a des soldats pour enrayer la machine collective barcelonaise (Rüdiger, Bellingham, Valverde, Cucurella), des flèches pour la percer (Mbappé, Diomandé), et un archer pour les décocher (Arda Güler).
L’attaquant français, blessé lors du dernier Clasico en mai dernier qui a permis au Barça d’être sacré champion (2-0), a prouvé qu’il était, presque à lui seul, une arme létale pour prendre à défaut la jeune garde barcelonaise. Même si ses coups d’éclat sont, jusqu’ici, souvent restés vains, sauf la saison dernière, à la même époque, lors de son premier Clasico remporté (2-1) sous les ordres de Xabi Alonso.
A quelques heures de la cérémonie du Ballon d’Or lundi soir à Londres, auquel le capitaine des Bleus prétend plus que jamais, le buteur madrilène sera au coeur d’un duel de stars face à Lamine Yamal, autre candidat au trophée, avec l’envie de rééquilibrer un peu son bilan contre le prodige catalan: deux victoires pour dix défaites, avec le PSG, le Real et l’équipe de France.
Le résultat de ce choc planétaire n’aura, dans tous les cas, aucune incidence sur les votes, clos depuis près d’un mois. Mais il offrira aux deux hommes, qui ont de grandes chances de se retrouver sur le podium, une plateforme sans doute bien plus efficace que leurs interviews respectives, pour appuyer leurs candidatures.
AFP
