Dakar , 04 mars (SL-INFO) – Le paysage audiovisuel français est soumis à des règles strictes concernant le pluralisme et l’honnêteté de l’information. Dans ce cadre, l’instance chargée de veiller au respect de ces principes vient de prendre une mesure formelle à l’encontre d’une chaîne d’information en continu, suite à sa couverture d’un fait divers ayant fortement marqué l’opinion publique.
Selon une décision rendue publique au Journal officiel le mercredi 4 mars, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique a adressé une mise en demeure à la chaîne CNews. Cette procédure vise spécifiquement le traitement éditorial réservé à l’affaire Crépol, du nom de la commune de la Drôme où Thomas, un adolescent de 16 ans, a été mortellement poignardé lors d’un bal en novembre 2023. Comme le rapporte l’agence de presse Anadolu, le régulateur fonde sa décision sur l’analyse de 15 émissions diffusées en mars 2025. Il est reproché à la chaîne d’avoir systématiquement qualifié ce drame de « meurtre raciste » sans offrir de contradiction suffisante sur son antenne, alors que l’enquête judiciaire pour établir les circonstances exactes des faits est toujours en cours.
Ces séquences télévisées faisaient suite à la parution de l’ouvrage « Une nuit en France », coécrit par les journalistes Jean-Michel Décugis, Pauline Guéna et Marc Leplongeon. Si l’Autorité de régulation précise que le droit de critiquer ce livre n’est pas remis en cause, elle estime que la concentration, sur une courte période, d’interventions défendant une thèse unique constitue un manquement de la chaîne à ses obligations légales. L’expression de « racisme anti-Blancs », souvent employée dans ces débats, reste par ailleurs contestée par divers chercheurs et responsables politiques. Cette mise en demeure représente le deuxième palier d’intervention du régulateur, intervenant après une première mise en garde. En cas de récidive, la chaîne, propriété du groupe de l’homme d’affaires Vincent Bolloré, s’expose à des sanctions financières.
La procédure avait été déclenchée en octobre dernier par l’ONG Reporters sans frontières (RSF), qui réclamait des sanctions contre le média. L’organisation s’était alarmée d’une vague de harcèlement et de menaces dirigée contre les auteurs du livre, lesquels avaient également saisi l’instance de régulation.
