Saint-Louis, 02 fév (SL-INFO) – La normalisation de la situation sécuritaire au Bénin franchit une nouvelle étape symbolique. Près de deux mois après les troubles qui ont secoué les institutions de la République, le dispositif de défense exceptionnel, appuyé par des forces extérieures, connaît une évolution majeure. La base militaire de Togbin a servi de cadre, ce vendredi 30 janvier, à une cérémonie marquant la fin d’une mission jugée critique pour la stabilité du pays.
Ce mouvement de troupes, officialisé par un communiqué publié ce dimanche 1er février, concerne le bataillon d’infanterie nigérian. Ces soldats quittent le sol béninois après avoir rempli leur mandat de sécurisation. Selon les informations rapportées par Agence Afrique, cette cérémonie dite de « remerciement et d’au revoir » a réuni les autorités militaires et diplomatiques des deux nations, scellant ainsi la fin de cette coopération opérationnelle ponctuelle. La présence de ces troupes étrangères ne relevait pas d’un exercice de routine. Elle faisait suite à la tentative de coup d’État avortée du 7 décembre 2025. Face à la menace pesant sur les institutions, le président Patrice Talon avait activé les leviers de la diplomatie sous-régionale. C’est par l’entremise de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) que le Chef de l’État béninois avait sollicité l’appui de son homologue nigérian, Bola Ahmed Tinubu. Le Général de Corps d’Armée Fructueux Gbaguidi, Chef d’État-Major Général des Forces armées béninoises, a tenu à clarifier le cadre de cette mission lors de son allocution. L’objectif assigné à ce contingent était double : « sécuriser les Institutions républicaines et protéger les populations » dans un moment d’incertitude politique et sécuritaire.
**Bilan opérationnel et retrait**
Sur le terrain, ce sont environ 200 militaires nigérians qui ont été déployés aux côtés de la Garde Républicaine et des forces conventionnelles béninoises. Les autorités militaires locales saluent un rôle déterminant dans le confinement de la crise. Le retrait acté ce week-end signale, en creux, que le niveau d’alerte maximale est désormais levé et que les forces nationales reprennent l’entière responsabilité du périmètre.
La cérémonie, marquée par la présence de l’ambassadeur du Nigeria à Porto-Novo, Olukayode Olugbenga Aluko, a permis aux autorités béninoises de souligner l’efficacité de l’axe Cotonou-Abuja. Ce dénouement met également en lumière le rôle de la CEDEAO, non plus seulement dans la médiation politique, mais dans l’appui opérationnel rapide pour la préservation de la stabilité en Afrique de l’Ouest.
