Dakar, 13 fév (SL-INFO) – Le transfert de milliers de combattants présumés de l’État islamique (EI) depuis la Syrie vers l’Irak s’accélère. Alors que la coalition internationale menée par les États-Unis réorganise sa présence dans la région, Bagdad a accepté de prendre en charge ces détenus sous des conditions logistiques et judiciaires bien définies.

Selon les données communiquées par le ministère irakien de la Justice à Al Jazeera, plus de 5 000 détenus liés à l’EI ont été transférés des prisons syriennes vers un établissement pénitentiaire en Irak. Ahmed Laibi, porte-parole du ministère, a précisé que ces opérations répondent à une demande directe de la coalition internationale de lutte contre l’EI. Un flou persiste néanmoins sur les chiffres exacts. En marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, le ministre irakien des Affaires étrangères, Fuad Hussein, a évoqué un volume inférieur, situant les transferts autour de 3 000 individus. Il a par ailleurs souligné que Bagdad poursuit les discussions avec plusieurs pays pour le rapatriement de leurs ressortissants concernés.

Sur les 5 064 détenus recensés par le ministère de la Justice, plus de 3 000 sont de nationalité syrienne, tandis qu’au moins 270 sont Irakiens. Ils sont actuellement regroupés dans une section isolée des autres prisonniers au sein d’un établissement unique. L’accord encadrant ces transferts repose sur une distinction claire entre la gestion judiciaire et la prise en charge matérielle. Si les détenus doivent être interrogés et jugés conformément à la loi irakienne, la charge financière de leur détention ne revient pas entièrement à l’État irakien. Le porte-parole du ministère a indiqué que la responsabilité de nourrir ces milliers de prisonniers incombe à la coalition internationale, et non à l’Irak.

Ces mouvements interviennent alors que les forces américaines réduisent leur empreinte en Syrie, transférant le contrôle de plusieurs sites au gouvernement syrien, désormais dirigé par le président Ahmed al-Sharaa. Ce redéploiement a suscité des inquiétudes sécuritaires, notamment après des affrontements récents impliquant l’armée syrienne et les Forces démocratiques syriennes (FDS), qui géraient auparavant ces centres de détention.

La vigilance reste de mise quant aux conditions de détention. Le mois dernier, des avocats représentant des ressortissants français transférés en Irak ont dénoncé des traitements inhumains, tandis que l’armée américaine insiste sur la nécessité de sécuriser ces transferts pour éviter toute tentative d’évasion massive susceptible de relancer les activités du groupe armé dans la région.

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