Dakar , 03 avril (SL-INFO) – Le gouvernement cubain a officialisé une vague de libérations anticipées à l’occasion de la Semaine sainte. Une décision qui intervient dans un contexte diplomatique particulièrement dense, marqué par des tractations en cours avec les États-Unis.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, La Havane a décidé d’accorder la grâce à 2 010 détenus. Le journal d’État Granma précise que cette démarche, présentée comme humanitaire, s’appuie sur une évaluation rigoureuse du comportement des condamnés en détention, de leur état de santé et de la durée de la peine déjà purgée.
Toutefois, les autorités ont établi des critères d’exclusion stricts. Les individus condamnés pour meurtre, agression sexuelle, infractions liées aux stupéfiants, vol, abattage illégal de bétail ou crimes contre l’autorité ne sont pas concernés par cette mesure. À l’inverse, les profils retenus pour ces libérations incluent principalement des jeunes, des femmes, des ressortissants étrangers, ainsi que des détenus de plus de 60 ans dont la sortie était déjà prévue dans les six à douze prochains mois.
Notre rédaction relève que le calendrier de cette annonce coïncide avec la campagne de pression la plus intense exercée par Washington sur l’île depuis plusieurs décennies. Si le gouvernement cubain réfute toute idée de concession sous la contrainte américaine, l’universitaire Michael Bustamante y voit le signe que les discussions entre les deux gouvernements progressent. Cette dynamique fait suite à une précédente libération de 51 détenus le 12 mars dernier, qualifiée de geste de bonne volonté envers le Vatican, médiateur régulier entre La Havane et Washington.
La présidence cubaine rappelle qu’il s’agit de la cinquième vague de grâces depuis 2011, portant le total à plus de 11 000 libérations. Ces développements s’inscrivent dans un cadre géopolitique plus large. Au moment de ces annonces, la Russie a confirmé l’envoi d’un deuxième pétrolier vers Cuba, une opération rendue possible par l’assouplissement ponctuel du blocus décidé par Donald Trump pour une première livraison. De son côté, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a réitéré sur la chaîne Fox News la position de Washington, liant tout redressement économique de l’île à un changement de son système de gouvernement.
