Dakar, 03 mars (SL-INFO) – La France s’apprête à augmenter le nombre de ses têtes nucléaires, une décision stratégique annoncée par Emmanuel Macron et confirmée ce mardi par la ministre des Armées, Catherine Vautrin. Ce renforcement de la force de frappe nationale s’accompagne d’une proposition inédite de coopération avec huit partenaires européens et sera financé par une rallonge budgétaire significative dans le cadre de la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030.
Intervenant sur France Inter, Catherine Vautrin a précisé que cet effort s’inscrivait dans une « surmarche » budgétaire prévue par la LPM. Actuellement, la dissuasion nucléaire représente 13 % du budget de la défense. Pour financer ce renouvellement, le gouvernement ajoutera 36 milliards d’euros à l’enveloppe initiale de 413 milliards, portant l’effort de défense à un niveau sans précédent. Le budget des armées devrait ainsi atteindre 57,1 milliards d’euros dès 2026.
Au-delà du renforcement capacitaire, l’Élysée déploie une nouvelle doctrine de « dissuasion avancée » européenne. Emmanuel Macron a ainsi proposé une coopération renforcée au Royaume-Uni, à l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark. La ministre des Armées a cependant fermement rappelé les lignes rouges de cette ouverture : « la France est souveraine de bout en bout », a-t-elle martelé, excluant « tout partage de la décision ultime ». L’Allemagne est désignée comme un « partenaire clé », avec lequel un « groupe de pilotage nucléaire » conjoint sera mis en place.
Selon la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, cette augmentation de l’arsenal, actuellement estimé à 290 têtes, vise à « anticiper les évolutions futures » face à la « complexification des crises ». L’objectif est de préserver la crédibilité de la dissuasion, définie comme la capacité d’infliger des dommages inacceptables à tout agresseur potentiel.
Cette initiative a reçu un accueil favorable de l’OTAN. Un responsable de l’Alliance a indiqué que l’organisation « salue » le projet français, y voyant un renforcement de la posture de dissuasion globale. Bien que la France ne participe pas au Groupe des plans nucléaires de l’OTAN, sa force de frappe est historiquement considérée comme un pilier complémentaire et autonome de la sécurité du continent européen.
