Dakar, 03 jan (SL-INFO) – Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Daouda Ngom, a exprimé sa vive préoccupation face à une situation inédite. Selon une note officielle relayée par Le Quotidien dans son édition de ce samedi 3 janvier, 59 enseignants-chercheurs sénégalais ont été recrutés dans la fonction publique guinéenne à l’issue d’un vaste appel à candidatures lancé par Conakry pour 300 postes.
Cette situation soulève un imbroglio juridique majeur, car ces universitaires sont déjà sous contrat exclusif avec l’État du Sénégal. Le profil des recrues accentue le malaise : on y dénombre 9 professeurs titulaires, 6 professeurs assimilés et 3 maîtres de conférences titulaires, dont certains occupent des postes stratégiques comme des directions d’UFR ou d’Écoles doctorales : des professeurs titulaires et responsables académiques de haut niveau, appuie la même source.
Les recteurs sous pression
Qualifiant l’affaire de « préoccupante », le ministère estime que cet exode massif menace directement la continuité pédagogique et l’encadrement des thèses au Sénégal. En réaction, les recteurs des universités publiques ont été mis en demeure d’identifier sans délai la situation administrative des agents concernés et de proposer des sanctions ou mesures correctives. Pour les autorités, ce mouvement s’apparente à une « fuite de cerveaux organisée » ou à une fraude administrative à grande échelle.
Pourquoi la Guinée ? Le quotidien du groupe Avenir communication explique que la Guinée est engagée dans une vaste réforme de son enseignement supérieur (19 institutions publiques, dont 6 universités). Pour obtenir l’accréditation de ses programmes auprès de l’Autorité nationale d’assurance qualité, le pays a besoin d’un quota spécifique d’enseignants de rangs A et B. Elle a donc puisé dans l’expertise sénégalaise pour mettre ses standards aux normes internationales.
