Dakar, 02 jan (SL-INFO) – Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a exprimé sa vive préoccupation face au recrutement d’enseignants-chercheurs sénégalais par un pays voisin, alors même que ces derniers sont en exercice dans les universités publiques du Sénégal.
Dans une circulaire officielle adressée aux recteurs des universités publiques, le ministre de l’Enseignement supérieur, Pr Daouda Ngom, indique avoir constaté, à travers une liste d’admis à un récent recrutement à l’étranger, la présence des noms et prénoms de cinquante-neuf enseignants-chercheurs sénégalais actuellement en fonction dans les établissements publics d’enseignement supérieur du pays.
Selon le ministre, cet enrôlement d’enseignants-chercheurs dans la fonction publique d’un autre État soulève de sérieuses interrogations juridiques et réglementaires, au regard des textes en vigueur qui encadrent le statut des personnels universitaires au Sénégal. Une telle situation pourrait également affecter le fonctionnement normal des universités publiques, tant sur le plan de l’enseignement que de la recherche.
Face à cette situation jugée préoccupante, le ministère appelle les recteurs à se saisir urgemment de la question. Il leur est demandé de fournir, dans les meilleurs délais, des informations précises sur la nature des relations contractuelles liant les enseignants concernés à leurs universités respectives, ainsi que sur les mesures envisagées pour le règlement de cette affaire.
L’objectif affiché par le département ministériel est double : assurer une gestion optimale et coordonnée des ressources humaines du secteur de l’enseignement supérieur, tout en garantissant la continuité et la qualité des activités pédagogiques et scientifiques dans les universités publiques.
Le ministre de l’Enseignement supérieur a, par ailleurs, insisté sur l’importance d’une exécution rigoureuse de cette instruction et a invité les responsables universitaires à lui rendre compte des diligences entreprises.
Cette circulaire intervient dans un contexte marqué par une forte mobilité des enseignants-chercheurs en Afrique de l’Ouest, mais pose avec acuité la question de la compatibilité entre engagement dans la fonction publique sénégalaise et recrutement par un État étranger, un débat qui pourrait relancer les réflexions sur le cadre juridique et la valorisation des carrières universitaires au Sénégal.
