Dakar, 20 avril(SL-INFO)- L’Irak traverse une période d’incertitude politique, plus de cinq mois après les élections législatives. Le Cadre de coordination, principale coalition parlementaire chiite du pays, peine à s’accorder sur le choix d’un candidat au poste de Premier ministre, tiraillé entre les influences de l’Iran et des États-Unis.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, ce bloc parlementaire, qui détient environ 185 des 329 sièges, doit impérativement nommer un chef de gouvernement d’ici le 26 avril, conformément aux exigences constitutionnelles. Le Premier ministre sortant, Mohammed Shia al-Sudani, brigue un second mandat mais fait face aux ambitions du camp dirigé par l’ancien dirigeant Nouri al-Maliki.

La candidature de Nouri al-Maliki se heurte à une opposition frontale de Washington. Le président américain Donald Trump a publiquement averti sur sa plateforme Truth Social qu’une telle nomination entraînerait la fin de l’aide américaine à l’Irak. Un responsable de l’ambassade des États-Unis à Bagdad a confirmé la stricte adhésion de la diplomatie américaine à ces instructions présidentielles. En cas de passage en force, Washington dispose de leviers de pression, tels que le refus de renouveler en mai prochain l’ordonnance protégeant les revenus pétroliers irakiens contre les créanciers internationaux.

Face à cette situation, le camp de Nouri al-Maliki soutient désormais une candidature de remplacement. Al Jazeera révèle qu’il s’agit de Bassem al-Badri, l’actuel chef de la Commission chargée de la débaassification. Pour obtenir l’investiture, ce nouveau postulant doit réunir la majorité des deux tiers. Il compte actuellement l’appui de sept des douze dirigeants de la coalition, nécessitant encore une voix pour valider sa désignation.

L’Iran s’est également impliqué dans ces tractations. Ismail Qaani, chef de la Force Al-Qods des Gardiens de la révolution, a effectué une visite à Bagdad dans le but de convaincre le Cadre de coordination de ne pas nommer Bassem al-Badri. Cette paralysie de l’exécutif se prolonge alors que les Irakiens subissent une forte pression économique, aggravée par l’application de nouveaux tarifs douaniers depuis janvier et une dette publique dépassant les 90 000 milliards de dinars.

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