Saint-Louis, 16 fév (SL-INFO) – Plusieurs sujets font le menu de la livraison de lundi de la presse quotidienne, dont l’affaire Abdoulaye Ba, du nom de cet étudiant qui a trouvé la mort le 9 février dernier dans des échauffourées avec les forces de l’ordre.

Les quotidiens qui se sont intéressés à ce sujet se font l’écho d’un communiqué du procureur de la République annonçant “l’ouverture d’une enquête suite aux affrontements entre étudiants et forces de l’ordre”, ayant occasionné la mort de cet étudiant de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

Selon le quotidien L’As, le parquet a saisi cette opportunité pour “mettre en garde contre les rumeurs faisant état d’une mort avec violence et mettant en cause les forces de l’ordre”. Mais la Fédération des étudiants du Sénégal (FES) “a vigoureusement contesté [cette version du procureur] et menace d’étendre son mouvement de protestation à l’ensemble du système éducatif”, indique la même publication.

“Entre rejet des décisions administratives et contestation de la version officielle du procureur, les étudiants posent leurs conditions avant toute reprise des cours”, signale le journal Le Quotidien. “Si le maître des poursuites appelle à la retenue en soulignant l’absence de preuves immédiates de violence, ajoute-t-il, le certificat médical […] conteste vigoureusement toute hypothèse de mort naturelle ou accidentelle […]”.

Le quotidien Tribune ajoute que le Collectif des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation du Sénégal (COMES] “démonte la thèse implicite de la mort naturelle et pose une question qui fâche […]”, en demandant l’origine du traumatisme qui aurait provoqué la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba.

Le procureur et de la République et le COMES “à couteaux tirés”, fait observer Sud Quotidien, selon lequel “la polémique enfle” dans cette affaire. “Le procureur Ndoye ravive la controverse”, renchérit le quotidien L’info.

Yoor-Yoor souligne une “exigence de vérité et de justice” dans cette affaire. “Des analyses biomécaniques aux zones d’ombre de l’enquête judiciaire, écrit ce quotidien, chaque élément alimente l’attente anxieuse des Sénégalais”.

“Le rapport médico-légal décrit un corps marqué par la violence. Chaque fracture, chaque hémorragie, chaque contusion témoigne de l’intensité du traumatisme subi par l’étudiant Abdoulaye Ba”, insiste Yoor-Yoor, avant de conclure que l’autopsie “éclaire ainsi la gravité du drame tout en laissant ouvertes les questions sur la dynamique exacte des évènements survenus sur le campus” de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.

En tout cas, en ce qui les concerne, “les blouses blanches estiment ‘inconcevable’ qu’un jeune engagé dans un parcours aussi exigeant que la chirurgie dentaire ait volontairement causé sa propre mort”, rapporte Source A.

“Désaccord entre le COMES [Collectif des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation du Sénégal, NDLR] et le procureur”, affiche Walfquotidien dans ses pages intérieures. “Le procureur de la République cite des éléments qui excluent que la victime a été torturée. Faux ! rétorque le COMES, surpris”, résume cette publication.

Le Soleil, sur un tout autre sujet, évoque la faible contribution économique de la filière sel. Le Sénégal est certes le premier producteur de sel d’Afrique de l’Ouest, “avec une production annuelle estimée à plus de 500.000 tonnes”.

Mais cela ”ne se reflète que faiblement dans l’économie nationale”, une grande partie de la production étant ”encore exportée à l’état brut ou peu transformée”, de sorte que la filière ”ne contribue qu’à hauteur den 0,3% au PIB”, note Le Soleil. “Un potentiel au goût de cendre”, affiche-t-il à ce propos.

Concernant le processus de révision constitutionnelle annoncé par le chef de l’Etat, Sud Quotidien rapporte que la coalition de la société civile pour la mise en oeuvre des conclusions des Assises nationales, des recommandations de la CNRI et du Pacte national de bonne gouvernance démocratique ”mise sur le portage citoyen”. 

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