Dakar, 22 avril (SL-INFO) – Le procès de O. Mbengue devant la Chambre criminelle de Mbour a révélé une affaire de viol et de harcèlement sexuel présumé d’une extrême gravité sur une mineure, A. Fall, âgée de seulement 14 ans au début des faits.
Selon l’accusation, l’homme, un commerçant quinquagénaire installé au quartier Thiocé et proche de la famille, aurait maintenu une emprise sur la jeune fille pendant près de trois ans, la transformant en objet sexuel. Le mode opératoire décrit est méthodique : l’accusé utilisait des téléphones portables comme outils de contrôle. Après chaque rapport, il lui offrait un nouvel appareil, s’en servant ensuite pour multiplier les appels et la contraindre à de nouvelles rencontres.
Un témoignage accablant
À la barre, le récit de la victime a glacé l’assistance, rapporte L’Observateur, qui a assisté à l’audience. Elle explique que son calvaire a débuté le 1er janvier 2020. Sa mère l’avait envoyée chez l’accusé pour récupérer un téléphone : le commerçant, aidé d’un ami présent sur place, l’aurait jetée sur un matelas avant de la contraindre à des rapports sexuels. L’adolescente a précisé avoir vu l’accusé ramasser le drap taché de sang pour le cacher soigneusement dans son armoire.
Elle affirme avoir été violée à plusieurs reprises et contrainte, après chaque acte, à ingérer des pilules contraceptives que l’ami de l’accusé se procurait à la pharmacie.
L’éclatement de l’affaire
Le scandale n’a éclaté qu’en 2022, lorsque la jeune fille, plongée dans une profonde détresse psychologique et en échec scolaire, a fini par se confier à sa mère. Un certificat médical versé au dossier a par la suite confirmé des traces de violences sexuelles anciennes.
La défense plaide le complot
Face à ces accusations, O. Mbengue a nié en bloc. S’il reconnaît avoir offert des téléphones, il prétend l’avoir fait pour « aider l’adolescente dans ses études » et soutient la thèse d’un complot orchestré par la famille pour lui extorquer de l’argent.
Une version balayée par le parquet et la partie civile, qui dénoncent une prédation organisée. Estimant que les faits sont caractérisés, le procureur a requis 15 ans de réclusion criminelle à l’encontre du commerçant.
Le dénouement de cette affaire est attendu le 15 mai prochain, date fixée pour le verdict, conclut le quotidien du Groupe futurs médias.
