Dakar, 17 fèv (SL-INFO)- L’accès universel à l’énergie, ce préalable au développement économique et social, figure parmi les priorités majeures des pays africains. Le Sénégal, engagé dans une dynamique de transition énergétique ambitieuse, vise à porter la part des énergies renouvelables à 40 % de la capacité installée d’ici 2030 et à atteindre 26 % de taux d’électrification rurale hors réseau via des mini-réseaux et systèmes solaires autonomes.

Une croissance rapide du secteur du solaire qui entrainera inévitablement, dans le long terme, une augmentation significative des déchets issus des équipements arrivant en fin de vie. Dans une démarche d’anticipation, le Sénégal se projette déjà vers le recyclage futur de ces équipements à travers l’élaboration d’une feuille de route de gestion des déchets photovoltaïques -potentiellement dangereux pour la santé et l’environnement – qui atteindront la barre des 22 000 tonnes d’ici 2040.

À cet égard, une étude stratégique menée en 2024 met en lumière plusieurs défis notamment : l’absence d’un cadre juridique et réglementaire, l’insuffisance des infrastructures de collecte et de traitement, l’absence de mécanismes de financement durables, entre autres.

L’ANER (Agence nationale pour les énergies renouvelables), en partenariat avec Enabel (Agence belge de coopération internationale), est sur le point de développer une filière locale axée sur la collecte, la valorisation (seconde vie) et le recyclage des panneaux et batteries. L’idée est de faire des déchets photovoltaïques non pas « un fardeau », mais « une opportunité ».

Présidant, ce mardi, un atelier de concertation destiné à l’élaboration de la feuille de route sénégalaise, le directeur de l’ANER, docteur Diouma Kobor, est revenu sur la pertinence de cette initiative de l’État. « Il y a une utilisation à grande échelle des énergies renouvelables notamment le solaire photovoltaïque. Cette utilisation massive d’équipements solaires fait que nous pensons que dans les années à venir nous serons confrontés à une situation de dépôts ou de masse importante de déchets qui provient de ces équipements-là », confie-t-il.

« La durée de vie des équipements photovoltaïques est environ de 20 à 25 ans, parfois 30 ans. Et nous pensons qu’aujourd’hui c’est le bon moment de réfléchir sur comment mettre en place des structures, des modèles, des façons de faire de sorte qu’au moment venu la gestion de ces déchets ne poserait pas grand problème en impliquant particulièrement le secteur privé », souligne le Dr Kobor.

Quid du financement ?

À l’instar de la France où la collecte et le traitement des panneaux photovoltaïques usagés sont gérés par l’éco-organisme Soren, le Sénégal veut s’inspirer du modèle de financement français. Celui-ci repose sur la mise en place d’une « écotaxe » payée à l’achat des équipements, qui permettra de financer leur démantèlement futur.

L’ANER, souligne son DG, « a commencé à travailler en collaboration avec la Direction du développement des énergies renouvelables sur comment mettre en place des règles et des règlements afin de mettre des taxes à l’achat pour qu’on puisse prévoir le démantèlement de ces équipements ».

Pour mener à bien ce projet ambitieux, le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines ainsi que l’agence Enabel ont exprimé leur ferme engagement à accompagner l’ANER et le secteur solaire.

Pierre-Henri Dimanche, chef de projet climat chez Enabel, pour sa part, a déclaré que « cette démarche vise à transformer la gestion des équipements en fin de vie », en vue d’en faire une politique publique durable.

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