Dakar, 19 fév (SL-INFO) – Alors que le gouvernement a annoncé, lors du dernier Conseil des ministres, un projet de loi visant à durcir les peines contre les « actes contre nature », le défenseur des droits humains Alioune Tine a tenu à recentrer le débat sur une réalité souvent passée sous silence : le calvaire des enfants talibés.

Pour le fondateur du think tank Afrikajom Center, le débat actuel occulte une tragédie humaine majeure. « Dans cette affaire, on oublie de parler et même de faire allusion aux victimes : les talibés de 7 à 13 ans transformés en esclaves sexuels », a-t-il déploré. Selon lui, au-delà des considérations morales ou législatives globales, c’est avant tout « la question de la pédocriminalité exercée sur les segments les plus vulnérables et les plus précaires » qui doit interpeller la conscience nationale.

Alioune Tine rappelle que cette situation n’est pas nouvelle et que de nombreux rapports d’ONG, dont la Raddho, ont maintes fois alerté sur l’exploitation de ces enfants. Ce drame persistant est, à ses yeux, le signe d’une faillite généralisée. « Il faut prendre acte de l’échec de la société et de l’échec des différents régimes politiques à garantir de façon efficace la protection des droits fondamentaux des talibés, notamment leur intégrité et leur sécurité physiques et morales », martèle-t-il.

Loin de se contenter d’un constat amer, l’ancien président de la Raddho appelle à une mobilisation d’urgence impliquant tous les acteurs de la nation. Il estime qu’il est temps pour l’État, la société civile et les autorités religieuses d’engager ensemble une réflexion profonde sur les mécanismes de protection.

L’objectif, selon lui, est de déterminer « comment renforcer concrètement la protection des droits des talibés, les protéger contre les menaces de toutes sortes auxquelles ils peuvent être exposés, bref comment les sortir définitivement de la rue ». Pour Alioune Tine, la finalité de cette démarche est de garantir leur « sécurité humaine », ce qui constitue, selon ses mots, « la principale leçon à tirer de cette grave affaire ».

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