Dakar ,03 avril (SL-INFO) – En cette période de célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Sénégal, Seneweb rend hommage aux grands serviteurs de l’État et dresse le portrait de figures emblématiques de l’armée nationale. Ces hommes de l’ombre, garants de notre souveraineté, ont consacré leur vie à la défense de la patrie. Nous ouvrons cette série avec le parcours exceptionnel du Général Meïssa Sellé Ndiaye.
La controverse n’a pas tardé à suivre. En prenant la parole sur les mutations de l’islam au Sénégal et les risques sécuritaires qu’il y associe, le général Meïssa Sellé Ndiaye a franchi une frontière rarement assumée par les militaires : celle qui sépare le devoir de réserve de l’expression publique. Ses propos, jugés alarmistes par certains, ont suscité critiques et débats, notamment sur le lien qu’il établit entre pratiques religieuses, financements occultes et menaces djihadistes. D’autres y ont vu, au contraire, l’expression brute d’une expérience accumulée sur le terrain.
Cette séquence en dit long sur le parcours du général à la retraite. Formé dans les unités commandos, l’ancien aide de camp de Macky Sall appartient à cette génération d’officiers pour qui l’hésitation peut coûter des vies. Très tôt, comme lieutenant puis chef de section, il s’impose au sein de la Grande Muette.
C’est en Casamance, dans les années 1990, que l’identité de cet originaire de Koki — village de la région de Louga connu comme cité religieuse — prend toute sa dimension. À la tête de la 1ʳᵉ compagnie des commandos parachutistes, cet héritier de la noblesse guerrière « Ceddo » du Cayor participe aux opérations les plus sensibles du conflit. À Guinarou, dans un contexte déjà marqué par des pertes, ses hommes reprennent une zone stratégique au terme d’une intervention éprouvante.
À Tenhat puis à Sikoum, lors des opérations « Foudre » et « Tonnerre », il confirme un style fait de rigueur, de sang-froid et de présence constante, même lorsque les combats coûtent des vies, comme celle du capitaine Gormack Niang.
Réputé courageux, il prolonge, après les années de combat, cette trajectoire dans des fonctions de commandement et de formation : chef BOI, officier adjoint, puis chef de corps du 12ᵉ bataillon d’instruction de Dakar-Bango. Le général Meïssa Sellé Ndiaye participe ainsi à la formation et à la structuration de nouvelles générations de militaires.
Sa nomination comme aide de camp de Macky Sall, malgré certaines critiques, ouvre une autre séquence de sa carrière. Le général quitte alors les zones d’opérations pour évoluer au cœur du pouvoir exécutif. Une proximité qui ne semble pourtant pas altérer son identité professionnelle. L’ancien chef de l’État le décrit comme un « homme de terrain », resté fidèle à son esprit commando. Les doutes initiaux sur sa capacité à « se civiliser » révèlent la singularité d’un militaire dont la culture du terrain ne s’est jamais totalement dissoute dans les codes institutionnels.
À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Sénégal, Seneweb rend hommage à cette figure au parcours marqué par la constance, entre engagement sur le terrain et présence dans les cercles du pouvoir.
