Dakar, 30 déc(SL-INFO) – Ils pensaient avoir sécurisé l’avenir de leurs familles. Baux en main, quittances dûment payées, autorisations administratives obtenues, les détenteurs de parcelles du lotissement Hangar pèlerins avaient engagé leurs économies, parfois au prix de lourds emprunts, pour accéder à la propriété foncière. Aujourd’hui, ces mêmes citoyens vivent dans l’incertitude, après l’annonce de l’annulation partielle du lotissement décidée lors du Conseil des ministres du 12 mars 2025.
Regroupés au sein d’un collectif, les détenteurs de titre ont adressé une lettre ouverte au président de la République pour attirer son attention sur une situation qu’ils jugent injuste et déstabilisante.
Selon eux, les parcelles concernées ont été attribuées dans le strict respect des procédures en vigueur, avec l’intervention des services compétents de l’État : notifications régulières, paiements domaniaux effectués, contrôles de la Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation du sol (DSCOS) et, pour certains, des autorisations de construire délivrées.
L’annonce de l’annulation partielle du lotissement a été vécue comme un choc. Les membres du collectif rejettent toute assimilation à des spéculateurs fonciers, insistant sur leur statut de citoyens de bonne foi. « Nous avons fait confiance à l’administration », soulignent-ils, rappelant que leurs investissements reposaient sur des actes officiellement établis.
Malgré les inquiétudes persistantes, le collectif reconnaît des signaux jugés encourageants de la part des autorités. La récurrence de la question foncière lors des conseils des ministres des 12 et 18 juin 2025 et l’audience accordée par le directeur des Domaines, sont perçues comme une volonté de l’État d’engager un processus de clarification et de sécurisation des droits fonciers.
Dans leur démarche, les détenteurs de parcelles plaident avant tout pour un dialogue structuré. Ils demandent la mise en place d’un cadre de concertation formel avec les pouvoirs publics afin d’examiner, dans un climat apaisé, les solutions envisageables. Pour eux, le règlement du dossier Hangar pèlerins dépasse leur seule situation : il constituerait un test de crédibilité pour la réforme de la gouvernance foncière et la restauration de la confiance entre l’administration et les citoyens.
La préférence du collectif reste une régularisation sur le site initial. À défaut, ses membres réclament un recasement répondant à des critères d’équité stricts : sites de valeur comparable, superficies équivalentes, prise en compte des positions initiales et priorité accordée aux détenteurs de titres jugés légitimes.
Dans l’attente d’une issue heureuse, les familles concernées vivent dans l’expectative, suspendues aux décisions des autorités. Elles se disent toutefois disposées à participer à toute rencontre ou commission que l’État jugerait utile. Pour elles, une résolution juste du dossier Hangar pèlerins serait bien plus qu’un règlement administratif : ce serait un signal fort en faveur de l’État de droit et de la protection des citoyens de bonne foi.
