Dakar, 29 jan(SL-INFO)- C’est dans le cadre de la 14e édition du Partcours que la galerie Loman Art, située aux Mamelles, a ouvert ses portes à une réflexion artistique de longue haleine. Inaugurée le lundi 1er décembre, l’exposition « Mémoire du littoral » ne se contente pas d’accrocher des toiles : elle installe, pour plus d’un an, une méditation visuelle sur les bouleversements physiques et humains de la côte sénégalaise.

Cette proposition culturelle, accessible au public jusqu’au 31 janvier 2026, réunit cinq artistes autour d’une thématique commune explorée sous des angles radicalement différents. Selon les éléments rapportés par nos confrères de Sud Quotidien, l’événement orchestré par la galeriste Loman Pawlitschek vise à dépasser la simple contemplation esthétique pour engager un dialogue sur les défis environnementaux et sociaux de ces zones fragiles. Une approche plurielle des mutations côtières

Au cœur de cette exposition, trois signatures particulières se détachent pour illustrer la complexité du rapport entre l’homme et l’océan. Ibrahima Cissé Déb’s ouvre le bal avec une approche technique inspirée du batik. Ses œuvres, oscillant entre l’abstrait et le figuratif, interrogent l’ambiguïté de la présence humaine sur le littoral, symbolisant à la fois l’ancrage territorial et la mobilité des populations. Le propos se fait plus sociologique avec Ibrahima « Ibou » Gningue. Le plasticien, dont les travaux ont déjà été exposés à l’international, notamment à Monaco, focalise son attention sur les tenues traditionnelles des femmes lébous. À travers elles, il pose la question de la persistance de l’identité culturelle face à l’urbanisation galopante qui redessine les territoires côtiers.

L’art comme témoin du drame migratoire

La dimension politique de l’exposition est portée par Mbaye Ndoye, lauréat du Prix de l’Union européenne à la Biennale de Dakar en 2008. L’artiste introduit une rupture dans la représentation du paysage avec son œuvre « Barça ou Barsax ». Il rappelle ainsi que le littoral sénégalais n’est pas uniquement un espace de villégiature ou de tradition, mais également le point de départ de rêves d’émigration irrégulière, souvent synonymes de souffrance.

Pour la directrice artistique Loman Pawlitschek, l’objectif est de créer un « dialogue visuel et sensoriel » où chaque œuvre puise dans des histoires personnelles pour raconter la métamorphose permanente des lieux de vie. L’exposition tente ainsi le pari difficile de concilier profondeur thématique et exigence esthétique, offrant une lecture critique du littoral dakarois pour les mois à venir.

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