Dakar, 12 fév (SL-INFO) – La lutte contre la migration irrégulière et la traite des personnes demeurent une priorité sécuritaire au Sénégal. Le bilan 2025 de la Gendarmerie nationale souligne que le phénomène est marqué par une forte mobilité transnationale et l’implication de réseaux criminels organisés. Selon le Chef du Centre des opérations et des renseignements de la gendarmerie, le lieutenant Abdoulaye Camara « au cours de l’année 2025, 1 928 migrants ont tenté de rejoindre clandestinement l’Espagne à bord de 15 embarcations. Face à cette situation, les unités de la Gendarmerie nationale ont intensifié leurs opérations de surveillance et d’intervention, permettant de déjouer 44 tentatives de départ et d’interpeller 2 757 migrants ». Parmi ces personnes interpellées, « 1 254 sont de nationalité sénégalaise tandis que 1 503 sont des ressortissants étrangers, confirmant le caractère transnational et complexe de la migration irrégulière qui touche le pays ».
Les opérations menées sur le terrain ont également conduit à l’arrestation de 72 passeurs et à la saisie de 23 embarcations utilisées pour les traversées clandestines. La zone de Thiès s’est particulièrement distinguée, avec 24 tentatives de départs déjouées, illustrant le rôle stratégique de cette région dans les routes migratoires maritimes », fait-t-il remarquer.
Parallèlement à la migration irrégulière, la traite des personnes constitue une autre forme de criminalité préoccupante. « En 2025, 49 cas ont été recensés, contre 30 en 2024, soit une hausse de 40 %. Cette augmentation s’explique notamment par le renforcement des dispositifs de contrôle et l’amélioration du renseignement opérationnel », renseigne le lieutenant Camara.
L’analyse des données révèle que les victimes sont majoritairement des femmes étrangères, souvent exploitées dans les zones aurifères de l’Est du Sénégal. Ces zones, caractérisées par une forte activité minière artisanale et la présence de travailleurs migrants, constituent des environnements propices aux réseaux d’exploitation sexuelle et économique.
Face à ces défis, la Gendarmerie nationale poursuit une stratégie combinant surveillance du littoral, démantèlement des réseaux criminels, coopération interservices et actions de sensibilisation auprès des populations exposées aux risques de migration clandestine.
Les autorités sécuritaires soulignent que la lutte contre ces phénomènes nécessite également une coopération internationale renforcée, compte tenu de la dimension régionale et transfrontalière des réseaux impliqués.
