Dakar, 19 fév (SL-INFO) – La société civile féministe monte au créneau. Dans un communiqué publié à la suite d’une conférence de presse, plusieurs organisations ont dénoncé l’instrumentalisation du Protocole de Maputo par certains acteurs politiques et sociaux, accusés de semer la confusion en l’associant à tort aux débats sur l’homosexualité.
Ratifié par le Sénégal en 2004 sans réserve, le Protocole de Maputo officiellement intitulé Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique , est présenté par les collectifs féministes comme un texte fondateur. « Il garantit des acquis essentiels en matière de santé, d’intégrité physique, de participation politique et de justice sociale pour les femmes et les filles », lit-on sur le texte.
Les organisations signataires estiment que ces tentatives d’amalgame constituent une manipulation dangereuse qui détourne l’attention des véritables urgences : la lutte contre les violences patriarcales, les discriminations et les inégalités persistantes.
« Instrumentaliser un texte juridique africain destiné à protéger les femmes constitue une tentative de diversion », rappellent-elles, en appelant à un débat public fondé sur la rigueur juridique et le respect de l’État de droit.
Elles exhortent les autorités, les leaders d’opinion et les médias à ne pas céder aux discours populistes et à accompagner l’application pleine et entière du Protocole par des mesures concrètes. Pour ces collectifs, défendre ce texte revient à protéger les droits fondamentaux des citoyennes, conformément aux engagements africains et internationaux du pays.
