Saint-Louis, 23 fév (SL-INFO) Les communautés côtières de la Langue de Barbarie, durement éprouvées par l’avancée des activités extractives au large de Saint-Louis, viennent de franchir une étape décisive dans leur bras de fer avec les géants de l’énergie. Après plus d’un an et demi de procédures, une instance internationale a statué sur le différend lié au projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), modifiant la dynamique entre les populations locales et les opérateurs pétro-gaziers.

Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, le Point de contact national (Pcn) britannique de l’OCDE a rendu un avis favorable à la plainte déposée par les pêcheurs artisanaux contre les multinationales BP et Cosmos Energy. Cette requête, introduite il y a 18 mois avec l’appui de l’ONG Lumière Synergie pour le Développement (LSD), dénonçait le non-respect des normes établies dans l’étude d’impact environnemental et social du projet.

La décision a été accueillie ce week-end sur le quai de pêche de Guet-Ndar par l’Union régionale des pêcheurs artisanaux de Saint-Louis (URPAS). Fama Sarr, secrétaire adjointe du Conseil local de la pêche artisanale (CLPA) et présidente de la commission Environnement, a souligné que l’OCDE a formellement notifié aux opérateurs le non-respect des standards de conformité vis-à-vis des populations impactées par l’exploitation des hydrocarbures.

Ali Marie Sagne, directeur de l’ONG LSD, a également pris la parole lors de ce rassemblement pour marquer l’aboutissement de cette première phase. Il a rappelé que cette démarche juridique visait avant tout à contraindre les multinationales à ouvrir des discussions directes avec les acteurs de la pêche à la ligne, affectés par les infrastructures offshore depuis plus de six ans.

Fortes de cette réponse favorable, les communautés exigent désormais l’ouverture immédiate de négociations concrètes impliquant BP, Cosmos Energy et l’État du Sénégal. Les discussions réclamées doivent porter spécifiquement sur la zone de Djatara et sur les mesures d’atténuation des impacts de l’exploitation gazière sur le secteur halieutique local.

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